Certaines se prostituent pour un nouveau rouge à lèvres
Une journée d’information s’est tenue sur le parvis de la gare de Creil dans l’Oise. En ligne de mire : la prostitution des jeunes, un phénomène en forte hausse. Les acteurs du territoire se sont réunis pour présenter les dispositifs d’aide en place, discuter avec la population et accomplir un travail de sensibilisation.
Des associations se sont mobilisées sur le parvis de la gare de Creil, ce jeudi 10 septembre 2026, pour sensibiliser et informer le public sur les violences sexistes et sexuelles, notamment la prostitution. Les passants ont eu l’opportunité de rencontrer des personnes formées et de découvrir les ressources disponibles à travers des tracts, des affiches et des jeux interactifs. L’objectif de cette initiative est de permettre au grand public d’identifier « des personnes ressources, des lieux ressources » pour « déposer leur parole » et sortir de « ces spirales pour retrouver une situation normale », a expliqué le maire LFI, Omar Yaqoob.
Cette action est le fruit d’un partenariat entre le Samu social, l’ADSEAO et d’autres acteurs, soutenue par une subvention de l’État de 245 000 euros dans le cadre de la lutte contre le « système prostitutionnel ». Stevens Duval, directeur du Samu social de l’Oise, a souligné l’importance d’aller au plus près de la population pour accueillir le public.
La prostitution est décrite comme « une forme de violence » avec « des victimes, qu’elles soient mineures ou majeures ». L’association vise à aider les personnes à se reconnaître comme victimes, un processus souvent compliqué en raison de la honte qui peut exister. Si l’imaginaire collectif associe ce phénomène à des images traditionnelles, de nouvelles formes émergent en ligne. « Internet aujourd’hui permet à des proxénètes de contacter des enfants ou des adultes », a noté Stevens Duval, d’où l’importance des « maraudes numériques » pour repérer les victimes.
Omar Yaqoob a également souligné que la prostitution des jeunes a beaucoup évolué sur les réseaux sociaux, rendant ces situations plus difficiles à identifier. Dans l’Oise, un groupe de travail a été mis en place pour repérer les enfants « en situation prostitutionnelle et victimes de violences sexuelles ». Un dispositif permet d’héberger des jeunes en fuite, y compris pour une nuit, sans nécessiter un placement judiciaire.
Florence Theron, directrice du pôle éducatif et judiciaire de l’ADSEAO, a insisté sur la nécessité d’une réaction rapide dans les situations d’exploitation sexuelle. L’association suit actuellement 20 enfants victimes d’exploitation sexuelle dans l’Oise, dont neuf résident à Creil. Quatre jeunes ont réussi à sortir de ce système en un an et demi.
Le préfet de l’Oise, Jean-Marie Caillaud, a exprimé son inquiétude face à une augmentation préoccupante de la prostitution, particulièrement chez les mineurs, qui représentent 76 % des nouveaux cas. Certains jeunes se prostituent pour des raisons qui peuvent sembler dérisoires, comme « un nouveau rouge à lèvres ». Les services de l’État et les partenaires associatifs travaillent à sensibiliser les jeunes sur le fait que ces comportements ne sont pas normaux.
En somme, de nombreux mineurs sont concernés, ce qui suscite une inquiétude accrue chez les acteurs locaux. « Cela nous touche un peu plus, donc on est inquiets », a conclu Omar Yaqoob, en précisant que cette problématique ne concerne pas uniquement les filles, mais aussi des jeunes garçons.
Source : France 3 Régions

