Annulation du festival de photo Usimages par le maire LFI de Creil en raison d’une décision brutale.

« Une décision brutale » : le festival de photo Usimages annulé par le maire LFI de Creil

Une décision brutale : le festival de photo Usimages annulé par le maire LFI de Creil

Au cœur de l’été, Omar Yaqoob, le maire de Creil, a pris la décision de mettre fin à la biennale de la photographie industrielle Usimages. L’association qui porte le projet, Diaphane, dénonce cette décision sans discussion préalable.

En pleines célébrations du bicentenaire de la photographie, cette annonce suscite des inquiétudes. Fin juillet, Omar Yaqoob, président de l’Agglomération Creil Sud Oise et maire LFI de Creil récemment élu, a officialisé la fin d’Usimages. Dans un communiqué, l’association Diaphane a dénoncé cette décision prise en pleine période estivale « sans aucune concertation » et « sans qu’aucun échange n’ait été engagé », en totale contradiction avec les discours de La France insoumise sur le service public et l’accessibilité à la culture.

Des accrochages et des expositions gratuites

« Une décision aussi lourde de conséquences pour un projet culturel reconnu et profondément inscrit dans le territoire aurait mérité un débat public, une présentation de son bilan et, à tout le moins, un échange avec celles et ceux qui le portent depuis plus de dix ans », se désole Diaphane. Tous les deux ans, ce festival de photographie mettait en lumière le monde de l’industrie à travers des accrochages et des expositions gratuites organisés dans les 11 communes de l’agglomération. D’après le quotidien Libération, l’agglomération finançait la biennale à hauteur de 120 000 euros depuis 2012.

La fin de 10 ans de visibilité du patrimoine industriel

La suppression d’Usimages met également un terme à une décennie de visibilité du monde du travail et du patrimoine industriel en photographie. En effet, Usimages était le seul à défendre avec fierté l’histoire de l’industrialisation, de la culture ouvrière, du syndicalisme, du monde de l’entreprise et des migrations. « Il permet de regarder autrement les femmes et les hommes qui travaillent, les métiers, les gestes, les savoir-faire, les lieux de production et les transformations économiques qui traversent nos territoires », ajoute l’association.

De nombreuses coupes budgétaires dans le monde de la culture

Outre le rendez-vous culturel, Usimages soutenait également la création contemporaine. Chaque édition, la biennale accompagnait dix jeunes photographes dans le cadre de résidences artistiques au sein d’une vingtaine d’entreprises du bassin creillois. « Si la culture est réellement considérée comme un droit pour toutes et tous, si elle constitue un service public essentiel, alors elle ne peut être la première variable sacrifiée lorsqu’une majorité change », déclarent les représentants de Diaphane. Cette décision radicale s’ajoute aux nombreuses coupes budgétaires qui se sont multipliées ces derniers mois dans le monde de la culture.

« Une contradiction profonde »

Le fait que l’annulation d’Usimages émane d’un élu LFI surprend et déçoit particulièrement Diaphane. « Cette conception d’une culture populaire, exigeante et accessible à toutes et tous rejoint un principe régulièrement affirmé au niveau national par La France insoumise : faire de la culture un véritable service public. Il y a donc une contradiction profonde entre ces principes et la décision aujourd’hui prise à l’échelle locale », conclut l’association.

Source : Connaissance des Arts

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