Changer nos habitudes alimentaires? C’est ce que propose l’initiative « Pour une alimentation sûre » en votation le 27 septembre. Manger de la viande reste toutefois une tradition bien ancrée en Suisse.
L’initiative populaire portée par la militante écologiste bernoise Franziska Herren vise à transformer le système agroalimentaire suisse. Le texte préconise de s’orienter vers une production et une consommation plus végétales. Cependant, les milieux agricoles dénoncent un « diktat vegan » qui menace les traditions culinaires helvétiques, telles que le fromage ou la charcuterie.
>> Pour davantage de détails, lire : Initiative ‘Pour une alimentation sûre’: vers une agriculture plus durable ou un « diktat vegan »?
L’attachement des Suisses aux produits carnés et laitiers
Les statistiques confirment l’ancrage de ces habitudes: selon la Fédération des producteurs suisses de lait, chaque habitant consomme en moyenne plus de 20 kg de fromage par an, tandis que la consommation de viande s’élève à presque 1 kg par semaine, soit trois fois plus que les recommandations des nutritionnistes et de l’OMS.
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Selon la sociologue Marlyne Sahakian de l’Université de Genève, cet attachement dépasse le simple goût. « Manger de la viande, ce n’est pas seulement une question de goût. C’est aussi une question de socialisation, de régime culturel. Si l’on a l’habitude de faire des repas de famille ou des repas de fête où la viande joue un rôle central, il est difficile de changer nos habitudes. »
« Pas tout le monde ne sait cuisiner des repas équilibrés »
Pour la sociologue, le manque d’informations n’est pas le problème pour changer d’habitude: « Je pense qu’on a assez d’informations. On est même submergés. » Pour faire évoluer les comportements, il est nécessaire d’accompagner les citoyens dans l’apprentissage de nouvelles compétences culinaires. « Pas tout le monde ne sait cuisiner des repas équilibrés et sains. Cela nécessite aussi l’accès à certains produits avec lesquels on n’a peut-être pas l’habitude de cuisiner. »
Elle souligne l’importance des expériences concrètes, comme les défis alimentaires. Par exemple, un projet mené à Genève en 2021 a impliqué une cinquantaine de ménages qui ont accepté de réduire leur consommation de viande et d’augmenter celle de légumes pendant un mois. D’après cette expérience, les familles de quatre personnes ont économisé entre 60 et 100 francs par semaine simplement en modifiant leurs portions.
Jacqueline Pirszel/lan

