L’importance des modèles d’air intérieur dans la propagation des maladies aéroportées
La tuberculose (TB) demeure l’une des principales causes de décès dus à des maladies infectieuses, avec plus d’un million de vies perdues chaque année. Cette maladie se propage par voie aérienne lorsqu’une personne infectée tousse, éternue ou expire. Les souches résistantes aux médicaments et la transmission asymptomatique posent des défis croissants. Limiter la transmission de la TB est un enjeu urgent de santé publique, mais les scientifiques peinent encore à comprendre comment les modèles d’air et d’autres facteurs environnementaux influencent cette propagation.
Traditionnellement, les études sur la transmission des maladies infectieuses se sont concentrées sur des évaluations à l’échelle populationnelle ou sur les réponses immunitaires individuelles. Cependant, comprendre comment le flux d’air et le mélange influencent la transmission dans des espaces intérieurs nécessite une expertise en physique des fluides et en modélisation computationnelle.
Une équipe interdisciplinaire, comprenant des chercheurs du MIT et du Southwestern Medical Center de l’Université du Texas, a combiné des expériences de transmission animale avec un suivi quantitatif des particules et une modélisation des flux pour examiner comment certains environnements de laboratoire favorisent la propagation des maladies respiratoires, comme la TB, tandis que d’autres atténuent cette propagation.
Un facteur clé dans la prédiction de la transmission infectieuse n’était pas seulement le taux de ventilation total, mais surtout le modèle local de l’air, influencé par la conception des espaces — comme les fuites d’air, les emplacements d’entrée et de sortie, ainsi que les forces générées par un individu infecté.
Lydia Bourouiba, professeur au MIT et responsable du laboratoire de dynamique des fluides pour la transmission des maladies, souligne que « les modèles locaux de flux d’air sont déterminants ». Ses travaux fournissent des preuves claires de l’importance de prendre en compte l’hétérogénéité du flux d’air lors de la conception d’espaces intérieurs pour atténuer la transmission aéroportée.
Cette recherche représente une avancée significative pour relier les études en laboratoire sur les maladies infectieuses à la manière dont ces maladies se propagent dans le monde réel. L’équipe espère que ses découvertes pourront s’étendre au-delà de leur système de modèle et montrer l’importance de la physique des flux dans la conception des bâtiments pour prévenir la propagation des maladies aéroportées.
Malgré les récentes pandémies, il existe encore une résistance à l’intégration des modèles d’air dans les outils de prévention des maladies infectieuses. L’infrastructure pourrait être réaménagée à un coût relativement bas, mais le manque de preuves directes entrave l’adoption plus large de la physique des flux comme outil pour la santé intérieure. Cette étude vise à fournir de telles preuves.
Les résultats de cette recherche ont été publiés dans une étude coécrite par des chercheurs du MIT et de l’Université du Texas Southwestern, comprenant des experts en physique des fluides, en ingénierie aérospatiale et en microbiologie.
Cette initiative souligne l’importance de collaborations synergiques intégrant des disciplines complémentaires pour surmonter les obstacles à la recherche et standardiser les normes de rapport entre laboratoires.
Source : MIT News



