Aide à mourir : le Parlement approuve définitivement le texte de loi
Un vote historique. Le 15 juillet, le Parlement français a approuvé définitivement le texte de loi visant à légaliser le droit à « l’aide à mourir ». Ce vote a eu lieu après plus de deux ans de débats et constitue la quatrième approbation par l’Assemblée nationale en un an. Le résultat, avec 291 voix pour et 241 contre, autorise le suicide assisté et potentiellement l’euthanasie, sous de nombreuses conditions.
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a salué ce texte, le qualifiant de « grand texte pour notre République, tant attendu par nos compatriotes ». Si la majorité de la gauche et du camp macroniste a voté en faveur, la droite et l’extrême droite se sont opposées, chaque groupe permettant à ses membres d’avoir une liberté de vote sur cette question sensible.
Ce droit à « l’aide à mourir » sera réservé aux patients majeurs, atteints d’une affection incurable engageant le pronostic vital et capables d’exprimer leur volonté de manière « libre et éclairée ». Les patients peuvent renoncer à tout moment et s’administrer eux-mêmes le produit létal, sauf s’ils ne peuvent pas le faire physiquement.
L’Église de France a exprimé son désaccord, qualifiant cette législation de « rupture grave dans l’histoire de notre pays ». Elle a averti que les conséquences de cette loi pourraient modifier la perception de la vulnérabilité, de la vieillesse, du handicap et de la maladie.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé son intention de saisir le Conseil constitutionnel concernant certaines dispositions de la loi, comme le délai de réflexion minimal de deux jours. Cette décision a été prise en concertation avec le président Emmanuel Macron, qui a souligné son engagement à ouvrir ce débat avec les Français.
Avec cette loi, la France rejoint ainsi onze autres pays, dont les Pays-Bas, le Canada, la Suisse et la Belgique, qui ont déjà légalisé l’euthanasie. En Belgique, plus de 4 000 actes d’euthanasie ont été pratiqués en 2025, principalement sur des patients âgés de plus de 70 ans, souvent atteints de cancer.
Cette législation française marque une étape importante dans le débat sur la fin de vie et pourrait influencer le cadre législatif et éthique autour de ces questions en Europe.
Source : France Inter
