Notre chiffre d’affaires va être divisé par trois : les agriculteurs français face à une sécheresse historique

Depuis le début de l’été, les agriculteurs français subissent des vagues de chaleur répétées et une sécheresse sans précédent. Les cultures dans les champs souffrent, les rendements chutent et certaines récoltes sont déjà gravement affectées. Plusieurs agriculteurs ont partagé leurs expériences, témoignant des conséquences lourdes de cette sécheresse sur leurs exploitations.

Cette année, les récoltes abîmées par la sécheresse sont particulièrement visibles dans l’exploitation bio d’Arnaud Piraut, à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Loire-Atlantique). De nombreuses aubergines sont brûlées, et les salades ainsi que les épinards présentent des défauts. Les céleris-raves, qui devraient peser environ 600 grammes, n’en font que 300. Arnaud Piraut déclare : « Tout est deux fois plus petit qu’il ne devrait être ». Il ajoute qu’il a observé de nombreuses pertes et brûlures sur ses marchandises.

Face à l’absence de pluie et à la baisse rapide des réserves d’eau, cet agriculteur de 42 ans a pris la décision de cesser de semer sur presque l’ensemble de ses 30 hectares. Cet été, il a délaissé la mâche, la roquette et les radis, ne cultivant que trois hectares de courgettes et d’aubergines, qu’il a choisi de préserver.

« On sait qu’on va faire du négatif cette année »

Arnaud Piraut a déjà dû réduire de moitié ses contrats saisonniers, passant de 20 à seulement 8 CDD. Il considère l’été comme « infernal », ayant dû redoubler d’efforts pour économiser les dernières réserves d’eau. Malgré ces efforts, il anticipe une chute de son chiffre d’affaires, qu’il estime divisé par trois cette année. Il prévoit de prolonger ses traites bancaires sur 15 ans au lieu de 10, conscient des pertes à venir.

À quelques centaines de kilomètres, la sécheresse impacte également Cédric Dury, agriculteur à Merseuil en Côte-d’Or. Il cultive divers produits, dont du colza, du blé et du maïs, mais déplore que cette année, les maïs soient « secs de chez secs ». Les rendements devraient être très faibles, avec des prévisions de récolte de 10 à 15% de ce qui est habituellement attendu.

La situation est d’autant plus préoccupante que les charges augmentent, notamment les prix des engrais et des carburants. Thierry Boiron, un agriculteur céréalier d’Isère, a également dû commencer à irriguer plus tôt que d’habitude, dépassant les quotas d’irrigation imposés. Sa facture d’électricité a explosé, atteignant 18 000 euros pour le mois de juillet.

Cette situation soulève des inquiétudes concernant la gestion de l’eau et la capacité des agriculteurs à s’adapter. Les récoltes de blé et de colza n’ont pas été à la hauteur, et l’incertitude persiste quant aux prochains semis. Les agriculteurs attendent des précipitations, mais craignent que celles-ci ne suffisent pas à reconstituer les nappes phréatiques.

Pour soutenir les agriculteurs en difficulté, les enseignes de grande distribution ont annoncé qu’elles feraient preuve de tolérance concernant les calibres et aspects des fruits et légumes, tout en privilégiant les produits d’origine française.

Source : BFM

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