Affaire Jubillar : Les ossements découverts en cours d’analyse, la science parlera-t-elle ?
Cédric Jubillar, condamné à 30 ans de réclusion criminelle, a récemment modifié sa version des faits concernant la disparition de Delphine Aussaguel, une infirmière disparue depuis décembre 2020. Après quatre semaines de procès, l’audience en appel, prévue le 21 septembre prochain à Toulouse, semblait initialement destinée à reproduire les débats d’Albi, marqués par des éléments à charge contre l’accusé.
Cette volte-face de Jubillar, qui a reconnu sa « responsabilité » dans la mort de Delphine et a indiqué l’endroit où il avait caché son corps, ravive l’espoir de connaître la vérité sur les événements de la nuit tragique. Cependant, cela prolonge également le calvaire de la famille de la victime, notamment de ses deux enfants.
Des zones d’ombre persistantes
Les fouilles effectuées dans le champ de Mailhoc, où Jubillar avait conduit les gendarmes, ont abouti à la découverte d’ossements du bas du corps. Ceux-ci ont été transportés par hélicoptère à l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise, pour analyse. Cette phase d’examen pourrait prendre plusieurs jours, et il est pour l’heure impossible de déterminer ce que ces analyses pourraient révéler sur les circonstances de la mort de Delphine, âgée de 33 ans. La décomposition et l’action d’animaux pourraient avoir altéré de manière irréversible les restes, qui pourraient être dispersés dans plusieurs champs.
Me Philippe Pressecq, avocat d’une cousine de Delphine, exprime son inquiétude quant à la fiabilité des déclarations de Jubillar, soulignant que l’état des ossements pourrait rendre difficile la vérification de sa nouvelle version des faits.
« Un cas de figure pas simple »
Le général Stéphane Calderara, directeur de l’IRCGN, a indiqué que les analyses portent sur des « os anciens », ce qui complique la conservation de l’ADN. Il a précisé que les résultats prendront du temps à être obtenus. Une fois les conclusions scientifiques disponibles, un nouvel interrogatoire de Jubillar sera nécessaire pour clarifier les circonstances de la mort de Delphine et les raisons pour lesquelles il a choisi cet endroit pour dissimuler le corps.
Dans un entretien récent, Me Pierre Debuisson, avocat de Jubillar, a déclaré que son client avait exprimé des regrets profonds et reconnu avoir « commis un acte abominable ». Il a également critiqué les enquêteurs pour leur gestion de l’affaire lors des 48 premières heures suivant la disparition de Delphine, promettant des révélations lors du procès en appel.
L’affaire Jubillar, marquée par des éléments complexes et des zones d’ombre, continue de susciter l’attention et les interrogations, tant sur le plan judiciaire que sur celui de la vérité des faits.
Source : Est Républicain
