Autoriser ou interdire l’acétamipride ? Les candidats à la présidentielle s’expriment
Publié le 03/09/2026 à 05:50
Le débat sur l’acétamipride, un pesticide controversé, continue de faire couler beaucoup d’encre à l’approche des élections présidentielles. Ce néonicotinoïde, qui a été réintroduit à titre dérogatoire par le Parlement, soulève des questions cruciales sur la santé publique et l’agriculture.
Contexte factuel
L’acétamipride a été autorisé dans l’Union européenne jusqu’en 2033, mais son utilisation a été interdite en France depuis 2016, suite à la loi sur la reconquête de la biodiversité. Ce pesticide, connu pour ses effets néfastes sur les insectes pollinisateurs, a récemment refait surface dans les débats parlementaires après l’adoption de la loi d’urgence agricole, validée par le Conseil constitutionnel en juillet 2026. Cette loi permet la réintroduction de l’acétamipride sous certaines conditions, après avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
Positions des candidats
Pour l’interdiction
Les candidats de gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Marine Tondelier (Les Écologistes), plaident pour l’interdiction de l’acétamipride. Mélenchon a signé une pétition contre ce pesticide et propose une loi pour interdire l’importation de produits contenant cette substance, la qualifiant de « grave danger pour nos écosystèmes et notre santé ». Tondelier, de son côté, souligne que l’acétamipride est « cancérigène, mutagène et reprotoxique ».
D’autres figures de gauche, comme Fabien Roussel (Parti communiste) et Raphaël Glucksmann (Parti socialiste), se sont également exprimées contre sa réintroduction, appelant à une protection accrue de l’environnement et de la santé publique.
Favorables à une dérogation
À l’opposé, des candidats comme Gabriel Attal et Édouard Philippe soutiennent la réintroduction dérogatoire de l’acétamipride, arguant qu’il est incohérent d’interdire un produit autorisé dans d’autres pays de l’Union européenne sans alternatives pour les agriculteurs français. Philippe, ancien Premier ministre, a fait évoluer sa position en faveur d’un statu quo sur l’utilisation de l’acétamipride.
Le Rassemblement national, représenté par Marine Le Pen, a également voté en faveur de la loi d’urgence agricole, considérant la dérogation comme nécessaire pour soutenir les agriculteurs.
Réautorisation souhaitée
Éric Zemmour, candidat pressenti pour 2027, plaide pour une autorisation sans dérogation, affirmant que l’interdiction actuelle place les agriculteurs français en position de concurrence déloyale par rapport à leurs homologues européens.
Conclusion
Le débat autour de l’acétamipride illustre les tensions entre la nécessité de soutenir l’agriculture et celle de protéger l’environnement et la santé publique. Les positions des candidats révèlent des lignes de fracture claires à l’approche de l’élection présidentielle.
Source : Franceinfo et « Complément d’enquête »

