« On continuera à se battre, même à nos âges » : à Toulouse, ces habitants luttent contre la démolition de leurs petites maisons ouvrières
Au nord de Toulouse, les derniers résidents de la cité-jardin Georges-Hyon, dans le quartier des Argoulets, se battent pour préserver leurs maisons centenaires. Réunis ce jeudi dans le salon de l’un des leurs, ces aînés toulousains lancent un cri du cœur à leur bailleur social : revitalisez ce patrimoine ouvrier plutôt que de le raser. Ils sont soutenus par les habitants du quartier, leur pétition dépasse les 2 800 signatures.
Dans le salon chaleureux de Jean-Pierre Viguier, avenue de la Juncasse, la détermination des locataires de la cité-jardin Georges Hyon est proportionnelle à l’attachement qu’ils vouent à leurs petites maisons ouvrières centenaires. Ce jeudi matin, lors de leur première conférence de presse, une partie des derniers habitants de la cité, soutenue par un représentant de l’association « 7 notre quartier », a exprimé son refus de voir ces maisons, aujourd’hui vouées à la démolition par le bailleur social Toulouse Métropole Habitat (TMH), disparaître.
Les résidents se préparent à une échéance cruciale : le 16 septembre, lors du conseil de concertation locative de TMH, la Confédération nationale des locataires (CNL 31) portera leurs voix. Ils ont élaboré un dossier de cinq pages, formulant des propositions concrètes pour revitaliser la cité tout en préservant son patrimoine historique.
Érigées entre 1928 et 1931, ces maisons racontent une autre époque de la Ville rose. La cité comptait autrefois 84 logements, aujourd’hui réduits à 26, dont 18 abritent encore des aînés âgés de 70 à 90 ans. Leurs habitations, entourées de jardins, sont choyées depuis des décennies. L’une d’elles est même ornée d’un jardin de près de 180 pieds de rosiers.
Depuis le 14 juillet, le silence des élus pèse lourd dans la cité. Bien que TMH ait évoqué une rencontre, aucune date ni visage n’ont été précisés. Les riverains insistent : « C’est ensemble, d’une seule voix, que nous voulons être entendus. »
Tout l’été, malgré des vagues de chaleur, les résidents ont tenu un stand de pétition au marché de Soupetard, accumulant près de 2 800 signatures de soutien. Leur histoire a touché de nombreux passants, comme en témoigne une femme qui, après avoir visité la maison de Monsieur Viguier, a déclaré : « C’est tellement dommage de démolir ça. »
Jean-Pierre Viguier, 77 ans, as avec énergie : « On se bat et on continuera à se battre, même à nos âges. » Assise à ses côtés, Claudine, locataire depuis plus de 40 ans, ajoute : « Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, moi, je resterai ici. » Les locataires restent ouverts à la discussion avec les décideurs locaux, affirmant que « la balle est dans leur camp ».
Source : DDM, Marc Salvet
