À Madagascar, des enseignants précaires pour la rentrée scolaire
Antananarivo, 7 septembre 2026 – Ce jour marque la rentrée des classes pour les élèves des écoles primaires, collèges et lycées à Madagascar. Dans le secteur public, environ 160 000 enseignants sont chargés de l’instruction des élèves. Cependant, en raison d’un budget public insuffisant, près de la moitié d’entre eux sont des « maîtres Fram », non recrutés par l’Éducation nationale, mais par les parents d’élèves qui financent leur rémunération, selon une étude récente.
Ces enseignants représentent 44 % des effectifs dans les établissements publics. La majorité d’entre eux n’ont pas reçu de formation pédagogique, ce qui soulève des préoccupations quant à la qualité de l’éducation. Narimbolatiana Randrianarison, chercheuse ayant étudié ce phénomène, souligne que « les fonctionnaires ne veulent pas rester dans la brousse », obligeant les associations de parents à trouver des solutions. Souvent, c’est la personne la plus diplômée du village, même avec un simple BEPC, qui est choisie pour enseigner.
Un tiers des « maîtres Fram » sont rémunérés par l’État, avec un maximum de 150 000 ariary par mois, soit environ 30 euros. Les autres dépendent entièrement des communautés locales. Claude Raharovoatra, président du Sempama, le principal syndicat des enseignants, déclare que de nombreux élèves, en particulier dans le sud, n’ont pas de tables-bancs. Les conditions d’enseignement sont souvent très précaires, avec des élèves écrivant sur des planches posées sur le sable.
L’investissement public dans l’éducation à Madagascar ne s’élève qu’à 2,5 % du PIB, contre 3,7 % en moyenne dans les autres pays d’Afrique subsaharienne. Ce manque de financement impacte directement les infrastructures et le matériel scolaire, aggravant la crise éducative dans le pays.
Source : RFI

