Festival de La Roque d'Anthéron. Trois visions du sacré, quatre pianistes d'exception

Publié le 30 juillet 2026 à 11h43 – Dernière mise à jour le 30 juillet 2026 à 11h43

À l’initiative de Claire Désert, codirectrice artistique de cette édition 2026, le Festival international de piano de La Roque d’Anthéron proposait une soirée exceptionnelle consacrée à trois géants de la musique : Bach, Messiaen et Liszt. Trois univers spirituels, trois pianistes d’exception et une même quête d’élévation ont offert au public du parc du château de Florans un moment suspendu.

Bach par Claire-Marie Le Guay, sous le regard d’Erik Orsenna

Destimed Claire Marie LE GUAY 09 ©Franck DENIS 2026
Claire-Marie Le Guay ©Franck Denis

Claire-Marie Le Guay et Erik Orsenna ont consacré un ouvrage à Jean-Sébastien Bach, Que la joie demeure (Albin Michel), célébrant un compositeur dont la pianiste affirme que la musique « aide à vivre ». L’académicien était présent à La Roque d’Anthéron pour assister à ce récital entièrement dédié au Cantor de Leipzig. Grande interprète de Mozart, Claire-Marie Le Guay a proposé pendant plus d’une heure un parcours à travers plusieurs œuvres majeures de Bach : Prélude, Fantaisie chromatique, Suite anglaise, Partita, extraits du Concerto italien en fa majeur ou encore du Concerto en sol d’après Vivaldi. La pianiste a impressionné par sa maîtrise technique et une lecture profondément habitée. En bis, un aria extrait des Variations Goldberg a prolongé ce moment de grâce.

Les « Visions de l’Amen » de Messiaen, entre puissance et contemplation

Destimed Marie Josephe JUDE—et Michel BEROFF 04 ©Franck DENIS 2026
Face à face, Michel Béroff et Marie-Josèphe Jude © Franck Denis

Les Visions de l’Amen d’Olivier Messiaen, composées en 1943, explorent sept dimensions du mystère de la foi à travers un dialogue entre deux pianos. Michel Béroff et Marie-Josèphe Jude ont offert une interprétation d’une rare intensité, laissant respirer les silences autant que les notes. Leur performance a permis de ressentir la puissance et la contemplation de l’œuvre, captivant le public.

Liszt, ou l’intimité de la foi

Destimed Tanguy DE WILLIENCOURT 07 ©Franck DENIS 2026
Tanguy de Williencourt @Franck Denis

Pour conclure cette soirée placée sous le signe du sacré, Tanguy de Williencourt a interprété plusieurs œuvres de Franz Liszt, dont Bénédiction de Dieu dans la solitude et Funérailles. Son jeu a révélé toute la richesse intérieure du compositeur, alliant virtuosité et émotion. En bis, il a offert une Sérénade de Schubert, apportant une touche de délicatesse à cette soirée dédiée aux multiples chemins du sacré.

Jean-Rémi BARLAND

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