En Birmanie, Aung San Suu Kyi purgera le reste de sa peine assignée à résidence

En Birmanie, Aung San Suu Kyi purgera le reste de sa peine assignée à résidence

Le chef de la junte birmane, devenu président, a ordonné jeudi 30 avril que l’ancienne dirigeante élue Aung San Suu Kyi, emprisonnée dans un lieu tenu secret, purge le restant de sa peine de prison assignée à résidence. Dans un communiqué, Min Aung Hlaing, qui avait mené le coup d’État contre la Prix Nobel de la Paix en 2021, a déclaré qu’il « commuait le reste de la peine » de l’ex-présidente de 80 ans « en assignation à résidence ».

Ses avocats ont salué cette décision, indiquant à l’Agence France-Presse (AFP) qu’Aung San Suu Kyi avait « vécu l’enfer dans les prisons birmanes pendant plus de cinq ans ». Ils ont également souligné qu’elle demeure injustement privée de liberté. La porte-parole du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Stéphane Dujarric, a qualifié cette me de « étape importante vers des conditions propices à un processus politique crédible », tout en réitérant l’appel de l’organisation à la libération de « tous les prisonniers politiques ».

Contexte factuel

Aung San Suu Kyi a été condamnée pour une série d’infractions, allant de la corruption à la fraude électorale, depuis le début de la procédure judiciaire entamée en juin 2021. Son procès, qui s’est terminé en décembre 2022 après dix-huit mois, a été dénoncé comme un simulacre judiciaire par des groupes de défense des droits humains. Malgré cette situation, elle reste une figure populaire en Birmanie, ayant reçu le prix Nobel de la paix en 1991. Toutefois, son image internationale a été ternie par son incapacité à défendre la minorité musulmane rohingya, victime d’exactions de l’armée en 2016 et 2017, considérées par Washington comme un « génocide ».

Données ou statistiques

Plus de 2 600 personnes ont été tuées par la répression menée par la junte, selon une ONG locale. De plus, plusieurs groupes de défense des droits accusent l’armée birmane d’avoir lancé des frappes aériennes sur des civils, constituant des crimes de guerre. L’armée, pour sa part, a comptabilisé environ 4 000 civils tués.

Conséquence directe

La situation en Birmanie demeure précaire, marquée par des violences quotidiennes et un climat d’insécurité croissant, exacerbant les tensions entre l’armée et les milices autoconstituées.

Source : Le Monde avec AFP.

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