Faire comme les Andalous : pendant les canicules, la France devrait-elle s’inspirer de l’Espagne ?
Alors que la France fait face à des épisodes de canicule de plus en plus précoces et intenses, les responsables politiques évoquent de plus en plus souvent l’Espagne. Horaires de travail adaptés, refuges climatiques et congés liés à la chaleur sont autant de mes mises en place de l’autre côté des Pyrénées, où l’adaptation au réchauffement climatique est une réalité depuis plusieurs décennies.
Le 19 juin 2026, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a souligné qu’il était « intéressant de regarder dans des pays où historiquement et culturellement, il y a une adaptation des horaires, comme le sud de l’Espagne ». Ce même jour, Jean-Luc Mélenchon, candidat insoumis à la présidentielle, a incité les autorités à « faire comme les Andalous ». En pleine canicule, les Écologistes ont également lancé une pétition pour réclamer la création d’un congé climatique de cinq jours maximum par an.
Avec des températures atteignant ou dépassant les 40 °C dans plusieurs régions françaises, la fin de juin 2026 est marquée par un nouvel épisode caniculaire intense. La nécessité d’adapter la société au réchauffement climatique est
Pourquoi l’Espagne a-t-elle une longueur d’avance ?
L’Espagne est souvent citée pour son expérience, non seulement en raison de ses températures élevées, mais aussi parce qu’elle est confrontée depuis longtemps à des vagues de chaleur extrême, ce qui a conduit à une adaptation progressive de son organisation. Depuis les années 2000, un plan national contre les températures excessives est activé chaque année, de mai à septembre, en fonction des prévisions météorologiques. Un habitant de Madrid témoigne : « Il fait chaud de plus en plus tôt et sans prévenir, mais on sait comment réagir. »
En France, les premières mes d’adaptation n’ont été mises en œuvre qu’après la canicule meurtrière de 2003, ce qui explique en partie le retard dans l’intégration de telles pratiques dans le quotidien des Français.
Une société organisée pour éviter les heures les plus chaudes
De nombreuses entreprises espagnoles adoptent la « journée continue », où les salariés commencent tôt, entre 7 h et 8 h, et terminent en début d’après-midi pour éviter les pics de chaleur. Selon TF1, environ 60 % des entreprises en Espagne appliquent ce modèle dès le mois de juin. Une salariée a ainsi déclaré : « C’est génial d’avoir ces horaires, ça nous permet de rentrer chez nous à 15 h et de nous reposer aux heures les plus chaudes. »
Des villes pensées pour résister à la chaleur
L’adaptation passe également par l’aménagement urbain. À Madrid, le métro est presque entièrement climatisé, et des « refuges climatiques » sont mis à disposition, offrant des espaces frais accessibles gratuitement. Les habitants prennent également des mes simples pour lutter contre la chaleur, comme fermer les volets pour éviter le soleil.
Le « congé climatique »
Suite aux inondations meurtrières de 2024, le gouvernement espagnol a instauré un « congé climatique », permettant aux salariés de quitter leur travail sans perte de salaire lors d’alertes météorologiques. Des réglementations prévoient également la fermeture des terrasses dans le secteur de l’hôtellerie-restauration en cas de chaleur extrême.
Où en est la France ?
Face à des canicules de plus en plus fréquentes, la France commence à s’adapter, bien qu’elle ait pris ce virage plus tard que l’Espagne. Depuis un décret de mai 2025, les employeurs sont tenus d’adapter les horaires de travail, de fournir de l’eau fraîche et des équipements de protection en fonction des alertes de Météo-France. En 2023, un Plan national d’adaptation au changement climatique a été lancé pour préparer le pays à un réchauffement pouvant atteindre + 4 °C d’ici la fin du siècle. Malgré des investissements estimés à 1,7 milliard d’euros en 2025, les besoins en matière de végétalisation des villes et d’adaptation des logements restent considérables.
L’expérience espagnole pourrait donc inspirer le débat public français et accélérer l’adaptation face au réchauffement climatique.
Source : Ouest-France
