Deux plaisanciers condamnés à Nice pour avoir omis de secourir un ami disparu près de Porquerolles.

Deux plaisanciers condamnés à Nice pour ne pas avoir porté secours à leur ami, disparu de leur voilier près de l’île de Porquerolles

Deux plaisanciers condamnés à Nice pour non-assistance à personne en danger

Le 24 août 2023, vers 17 heures, trois amis, accompagnés d’un enfant de 7 ans, prennent la mer depuis Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône) à bord du voilier Alchimiste. Leur destination est Villefranche-sur-Mer, où ils doivent récupérer la mère de l’enfant, propriétaire du bateau et ex-compagne de l’un des plaisanciers.

Le lendemain, dans la soirée, les hommes organisent leur quart. L’un d’eux part se reposer avec l’enfant, tandis qu’un autre prend les commandes du voilier. Le troisième, considéré comme le moins expérimenté, se trouve à l’avant du bateau. Les conditions de navigation sont jugées bonnes.

Aux alentours de minuit, lors du passage de relais, celui qui est à la barre constate que l’un de ses compagnons n’est plus à bord. Après une recherche infructueuse, il découvre des traces de sang à l’emplacement où l’homme aurait dû se trouver. À ce moment-là, l’Alchimiste est à proximité de l’île de Porquerolles.

Pas d’appel au secours

Bien que le duo dispose du matériel nécessaire pour alerter les autorités maritimes, il choisit de poursuivre sa route. Selon l’avocat Me Raphaël Romi, cette situation soulève des questions sur la distinction entre la faute formelle et les circonstances humaines.

Les deux hommes, convaincus que leur compagnon de 67 ans avait probablement mis fin à ses jours en raison de ses antécédents psychiatriques, auraient interprété les circonstances de sa disparition sous cet angle. Lors de la découverte des traces de sang, ils se seraient retrouvés dans un « état de sidération », aggravé par la présence de l’enfant à bord.

Homicide écarté, non-assistance retenue

Le 26 août, le voilier subit une avarie mécanique. Les plaisanciers demandent alors à accoster en urgence à Nice et contactent les responsables du port. Ce n’est que le 27 août, vers 16 heures, qu’ils se rendent à la brigade de gendarmerie maritime pour signaler la disparition de leur ami, près de quarante heures après avoir constaté son absence.

L’enquête, initialement ouverte pour homicide volontaire, n’a pas retenu cette hypothèse, aucun élément n’ayant permis d’établir que les deux hommes avaient tué leur compagnon. Le dossier a donc été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour non-assistance à personne en danger.

Des condamnations identiques

Me Romi souligne la nature de la relation entre les trois hommes, affirmant que les deux prévenus avaient embarqué leur ami en connaissance de ses fragilités. Le parquet avait requis des peines distinctes, avec trois mois de sursis pour l’un et six mois pour l’autre, tenant compte de l’expérience nautique de l’un des prévenus. Finalement, le tribunal, présidé par Isabelle Demarbaix-Joando, a condamné les deux hommes à douze mois d’emprisonnement avec sursis.

Source : Nice Matin

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