Un homme affirme avoir conçu un traitement contre la schizophrénie dans son garage avec ChatGPT
Douglas Yao, titulaire d’un doctorat en biologie computationnelle, a récemment attiré l’attention en publiant sur X, le 8 septembre, un post devenu viral. Ce dernier, visionné plus de 6 millions de fois, présente un flacon contenant une poudre jaune qu’il a nommée PAC-3310. Selon lui, ce composé pourrait traiter la schizophrénie, ayant été conçu avec l’aide de ChatGPT et synthétisé dans un laboratoire de fortune installé dans son garage.
Bien que l’intelligence artificielle ait démontré son efficacité dans la prédiction de structures moléculaires, la distinction entre une molécule candidate et un médicament autorisé demeure inchangée. Yao n’a pas publié d’articles dans des revues scientifiques concernant le PAC-3310, et il n’a pas soumis son composé à des essais cliniques. Actuellement, il n’a été testé que sur des rongeurs, par Yao lui-même, le seul employé de sa société Pace Pharmaceuticals.
Le principal objectif de Yao était d’améliorer le Cobenfy, un antipsychotique récemment approuvé par la FDA pour traiter la schizophrénie. Bien qu’il soit le premier traitement de ce type à ne pas bloquer la dopamine, il présente des effets secondaires notables, tels que des troubles gastro-intestinaux et cardiovasculaires. Yao prétend que le PAC-3310 n’entraîne aucun effet secondaire chez les souris, même à des doses élevées.
Yao a un parcours académique impressionnant, ayant travaillé à l’UCLA et à Harvard. Ses compétences en biologie computationnelle sont attestées par des publications bien référencées. Cependant, il a reconnu avoir appris la chimie de synthèse en autodidacte, ce qui soulève des questions sur la sécurité et la fiabilité de ses méthodes dans un laboratoire amateur qui ne respecte pas les normes de biosécurité pharmaceutique.
Les données concernant le PAC-3310 n’ont jamais été vérifiées par des tiers. Le seul test qu’il présente comme preuve est une réduction de l’hyperlocomotion chez les souris, un indicateur qui ne prouve pas l’efficacité sur l’homme. De plus, le Cobenfy a nécessité trois phases d’essais cliniques, impliquant des milliers de patients et un coût moyen estimé à 2,6 milliards de dollars pour le développement d’un médicament, selon le Tufts Center for the Study of Drug Development. Yao affirme pouvoir réduire ce coût d’un facteur mille grâce à l’IA, mais il reste confronté à un processus d’homologation complexe.
En résumé, bien que le PAC-3310 puisse représenter une molécule intéressante, il n’est pas un traitement validé. La communication de Yao sur les réseaux sociaux et son GitHub semble prendre des raccourcis par rapport à la réalité du développement pharmaceutique.
Source : Presse Citron

