En Bulgarie, le nouveau gouvernement accusé de “recommunisation” de l’audiovisuel public
L’inquiétude grandit parmi les milieux proeuropéens en Bulgarie. Le nouveau gouvernement de Roumen Radev, déjà critiqué pour ses positions souverainistes et prorusses au sein de l’Union européenne, semble vouloir museler certaines voix critiques de l’audiovisuel public. Le dernier incident en date concerne le journaliste Guéorgui Anguélov, animateur de deux émissions populaires sur la télévision nationale BNT, l’une portant sur l’histoire méconnue de la Bulgarie et l’autre sur les perspectives européennes du pays.
Les émissions de Guéorgui Anguélov ont été « suspendues » jusqu’à nouvel ordre, suscitant une vive réaction. Une manifestation a été organisée pour soutenir le journaliste, et un groupe d’écrivains, de traducteurs et d’universitaires a publié une lettre ouverte dénonçant cette décision comme une « recommunisation » de l’audiovisuel public. Dans cette lettre, ils affirment que le retrait d’une figure emblématique comme Anguélov s’inscrit dans une tendance inquiétante visant à éloigner la Bulgarie de la civilisation européenne.
L’opposition saisit les instances européennes
L’opposition libérale a annoncé qu’elle allait saisir plusieurs instances européennes, notamment le Conseil des médias électroniques (SEM), pour demander une enquête sur cette décision. Selon la BNT, Anguélov reste au sein de la rédaction mais doit désormais proposer d’autres formats d’émission. De plus, l’avenir d’une autre émission consacrée à la géopolitique, « Le monde et nous », animée par Evguénia Atanassova et Ioanna Levieva-Sawyer, est incertain, car elle ne figure pas dans la nouvelle grille de programmes.
Cette situation fait écho à une polémique antérieure impliquant la BNR, la radio publique, où un vice-Premier ministre a remis en question les « standards journalistiques » du média, accusé d’adopter un ton « propagandiste » en faveur de l’Ukraine depuis l’invasion russe.
Source : Mediаpool.

