Sécheresse : l’OFB s’inquiète d’une dégradation exceptionnelle des cours d’eau
Le 2 septembre 2026, l’Office français de la biodiversité (OFB) a publié un bilan alarmant, révélant que 1 424 cours d’eau en France sont confrontés à des ruptures d’écoulement ou sont complètement asséchés. Ce chiffre, qui dépasse les records de la sécheresse de 2022, montre une augmentation de 30 cours d’eau supplémentaires affectés par rapport à cette année de référence. Cette situation engendre des défis majeurs pour les secteurs dépendant de l’eau, notamment l’agriculture, où l’approvisionnement est compromis, entraînant une hausse des coûts et des incertitudes quant aux perspectives de production.
Un bilan de l’OFB qui dépasse celui de 2022
L’Observatoire national des étiages (ONDE), qui collabore avec l’OFB, signale que 1 424 cours d’eau de tête de bassins versants sont en situation critique. Un assec, définissant l’absence totale d’écoulement en surface, est le stade le plus grave de cette situation. L’OFB qualifie cette dégradation de « exceptionnelle », menaçant directement l’irrigation agricole et l’approvisionnement industriel. Le rapport indique que 290 cours d’eau supplémentaires par rapport à 2025 connaissent des ruptures d’écoulement, signalant une aggravation rapide avec des impacts économiques pour l’agriculture et les collectivités.
Un épuisement des nappes phréatiques
Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a constaté que 92 % des nappes phréatiques sont en baisse au 15 août 2026, avec 64 % des points d’observation enregistrant des niveaux en dessous des normales mensuelles. Ce tarissement des nappes, cruciales en période de faible pluviométrie, affecte les cours d’eau de surface. Les restrictions d’usage et les surcoûts liés à l’acheminement d’eau impactent particulièrement l’agriculture irriguée. Les industriels, notamment dans les secteurs de la chimie et de l’agroalimentaire, doivent choisir entre réduire leur activité ou investir dans des solutions coûteuses.
Régions particulièrement touchées : de la Vendée au Grand Est
Les zones les plus critiques identifiées par l’OFB s’étendent le long d’un axe allant de la Vendée au Grand Est, où la sécheresse a des effets dévastateurs sur les prairies et les cultures. En Vendée, les éleveurs sont contraints d’acheter du fourrage à des prix élevés, tandis que dans le Grand Est, les pertes de rendement des cultures céréalières sont estimées entre 20 et 40 %, menaçant la compétitivité des filières exportatrices françaises.
Déficit hydrique persistant depuis mai 2026
Depuis fin mai 2026, l’absence de pluies significatives et des températures élevées ont conduit à un déficit hydrique, asséchant les réserves souterraines et les cours d’eau. Les ménages voient leurs factures d’eau augmenter en raison de restrictions d’usage et d’infrastructures de secours. La canicule estivale accentue cette pression, augmentant les coûts pour la société.
Les pertes économiques liées à la sécheresse de 2026 sont encore à quantifier, mais les indicateurs suggèrent des impacts majeurs pour l’agriculture et des tensions sur les budgets des ménages. Les 1 424 cours d’eau asséchés représentent non seulement un défi environnemental, mais également une rupture d’approvisionnement en eau aux conséquences économiques durables. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si les pluies d’automne permettront de reconstituer les nappes ou si un déficit structurel s’installera, nécessitant une révision des modèles de production et des infrastructures de gestion de l’eau en France.
Source : Office français de la biodiversité (OFB)

