Plan d’urgence agricole : la ministre exclut plus de 80 % des paysans du dispositif

Plan d’urgence agricole : « La ministre fait le choix d’enterrer plus de 80 % des paysans »

Plan d’urgence agricole : « La ministre fait le choix d’enterrer plus de 80 % des paysans »

1,2 milliard d’euros. C’est la somme des aides d’urgence annoncées par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, le 4 septembre, face à la crise agricole de cet été, marquée par des conditions climatiques extrêmes. Le plan, baptisé « Casi » (pour « canicule, sécheresse, incendie »), vise à offrir un soutien économique d’urgence aux exploitations agricoles en difficulté afin de leur permettre de continuer leur production.

Cependant, des doutes subsistent quant à l’efficacité de ce plan. Thomas Gibert, maraîcher et porte-parole de la Confédération paysanne, critique cette initiative, la qualifiant de « totalement scandaleuse ». Il souligne que la moitié des fonds provient de l’indemnité de solidarité nationale (ISN), qui ne couvre qu’une fraction des pertes subies par les agriculteurs non assurés depuis la réforme de l’assurance-récolte il y a quatre ans.

Actuellement, plus de 82 % des agriculteurs ne bénéficient pas d’une couverture adéquate, se retrouvant ainsi avec des aides insuffisantes, ce qui pourrait conduire à une fermeture massive d’exploitations. Gibert met en garde contre un risque de concentration du secteur, où les petites fermes seraient remplacées par des exploitations plus grandes, profitant des crises successives.

L’été 2026 a été particulièrement dévastateur pour l’agriculture, avec des sécheresses et des canicules qui ont affecté toutes les filières, notamment les fruits et légumes. Gibert souligne que la réponse politique actuelle ne répond pas à l’ampleur de la crise, et que le moral des agriculteurs est en chute libre.

Iñaki Garcia de Cortazar Atauri, directeur de l’unité Agroclim de l’Institut national de recherche pour l’agriculture et l’environnement (Inrae), indique que les événements climatiques extrêmes se multiplient et que les prévisions indiquent que cette tendance se poursuivra jusqu’en 2050.

Les experts appellent à des mes d’urgence, y compris la mise en place de cellules d’écoute pour détecter les situations critiques dans les exploitations agricoles. La Confédération paysanne réclame également des aides forfaitaires et un fonds solidaire financé par l’ensemble de la filière agroalimentaire, afin de mieux répartir les risques liés aux aléas climatiques.

Source : Reporterre

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