Décryptage : Les 5 nouvelles tendances RH qui transforment la restauration
Longtemps réputée pour ses horaires contraignants, ses services en coupure et une culture managériale particulièrement exigeante, l’hôtellerie-restauration est en train de faire évoluer ses codes. Face aux difficultés persistantes de recrutement et aux nouvelles attentes des salariés, certains établissements expérimentent de nouvelles pratiques pour attirer et fidéliser leurs équipes. Ces évolutions, bien que loin d’être généralisées, témoignent d’une transformation profonde du rapport au travail dans un secteur qui ne peut plus uniquement compter sur sa capacité à recruter dans l’urgence.
1. La fin progressive du sacro-saint service en coupure
Le service en coupure, longtemps considéré comme inhérent au métier de restaurateur, est de plus en plus remis en question. Ce fonctionnement complique l’organisation de la vie personnelle et familiale. Certains établissements choisissent désormais de proposer des plannings sans coupure, adaptant les horaires aux contraintes ou préférences de leurs salariés. Par exemple, les établissements Maslow ont intégré cette flexibilité dans leur organisation, une rupture notoire dans la restauration.
2. Des plannings anticipés et des repos réellement consécutifs
La manière dont les établissements construisent et communiquent leurs plannings évolue. Historiquement, les salariés devaient composer avec des emplois du temps susceptibles d’évoluer au dernier moment, rendant difficile l’organisation de leur vie personnelle. Désormais, certains restaurants communiquent les plannings plusieurs semaines à l’avance, parfois jusqu’à un mois. De plus, ils privilégient des jours de repos regroupés, permettant ainsi une véritable coupure.
3. La tolérance zéro face aux violences en cuisine
Les comportements tels que les cris et l’humiliation, longtemps considérés comme faisant partie de la culture des brigades, sont de plus en plus contestés. Des établissements mettent en place des formations pour lutter contre le harcèlement et les violences au travail. Cette volonté de faire évoluer les pratiques managériales vise à prévenir les comportements abusifs, transformant ce qui était autrefois perçu comme nécessaire en un facteur de départ des salariés.
4. La cooptation devient une arme de recrutement
Face aux difficultés de recrutement, les salariés jouent un rôle actif en tant que recruteurs. Le principe de cooptation, déjà présent dans d’autres secteurs, commence à s’implanter dans la restauration. Certains établissements offrent des primes pour chaque candidat recommandé qui rejoint durablement l’équipe. Cela permet de transformer les collaborateurs en ambassadeurs de leur établissement, tout en réduisant le risque de recrutements mal ajustés.
5. Les avantages des grandes entreprises arrivent dans les restaurants
Des avantages tels que le congé menstruel, un jour d’anniversaire offert ou des abonnements à une salle de sport commencent à apparaître dans l’hôtellerie-restauration. L’objectif est de rendre le package employeur suffisamment attractif pour se démarquer sur un marché où les candidats peuvent comparer les établissements. Ces avantages, bien qu’ils ne remplacent pas les fondamentaux du métier, deviennent des marqueurs de la politique sociale d’un établissement.
Une transformation encore très inégale
Ces cinq tendances, bien que prometteuses, restent loin d’être généralisées. Les contraintes économiques et les spécificités de chaque établissement rendent certaines évolutions difficiles à mettre en œuvre. Cependant, leur développement révèle une évolution plus profonde dans le secteur. Les restaurateurs doivent désormais construire un environnement de travail attractif pour fidéliser leurs équipes sur le long terme.
La révolution RH de la restauration pourrait ainsi se traduire par des changements concrets, tels qu’un planning connu plus tôt ou un management plus respectueux, contribuant à changer durablement l’image du secteur.
Source : Journal du Net

