Transparence salariale : 1 employé sur 2 prêt à parler salaire au Luxembourg
Comparer sa rémunération avec celle de ses collègues, autrefois perçu comme un sujet tabou, semble devenir de plus en plus acceptable au Luxembourg. Selon une étude récente de Moovijob, 54 % des 924 répondants d’un sondage réalisé sur leur site Internet et leurs réseaux sociaux se disent prêts à discuter de leur salaire avec leurs collègues. En revanche, 46 % estiment que cette information doit rester privée, signalant un équilibre délicat mais en évolution.
Cette évolution des mentalités est également alimentée par une directive européenne sur la transparence salariale qui devrait bientôt être transposée au Luxembourg. Les spécialistes du droit du travail estiment que cette directive contribuera à modifier progressivement les pratiques, bien que le tabou ne disparaisse pas immédiatement.
Une salariée luxembourgeoise participant à l’enquête a souligné que parler de salaire est possible, mais dépend de la réceptivité de l’interlocuteur. Elle a également noté que cette discrétion salariale a des conséquences, car de nombreux employés ignorent si leur rémunération est alignée sur le marché ou comparable à celle de leurs homologues.
Dans certains secteurs compétitifs comme la finance, l’informatique, le droit ou les fonctions corporate internationales, la culture du secret reste particulièrement marquée. Toutefois, la directive européenne pourrait inciter à une plus grande transparence, surtout dans les organisations qui utilisent des grilles salariales, où les collaborateurs ont déjà une idée des niveaux de rémunération.
Un avocat interrogé par Moovijob a souligné que malgré la sensibilité du sujet, les pratiques évoluent lentement, et que la nouvelle directive pourrait favoriser un changement de culture au sein des entreprises.
Source : Moovijob

