Retour sur la Lune : comment la NASA prépare le terrain avant d’y envoyer des humains
À l’automne 2026, la NASA lancera la Phase 1 de son installation lunaire, marquant le début de trois ans de missions consécutives jusqu’en 2029. Ce programme, intitulé Moon Base, a pour objectif de préparer méthodiquement le terrain avant toute présence humaine sur la Lune.
La NASA a structuré ses premières opérations lunaires selon une logique simple : envoyer des robots avant les humains, multiplier les points d’apprentissage et réduire les risques avant 2028. Les missions seront principalement réalisées par des entreprises privées, telles que Blue Origin, Astrobotic, Intuitive Machines, Astrolab, Lunar Outpost et Firefly Aerospace.
Pour cette phase 1, la NASA prévoit jusqu’à 25 lancements, 21 atterrissages robotiques et près de 4 tonnes de cargaison afin de tester rovers, systèmes énergétiques, navigation et communications en conditions réelles.
Trois missions pour préparer le terrain
L’annonce de la NASA confirme l’objectif d’un alunissage habité en 2028, avec une séquence préparatoire robotique dès 2026 :
Moon Base I : Prévue pour l’automne 2026, l’atterrisseur Blue Moon Mark 1 Endurance, développé par Blue Origin, se posera sur le Shackleton Connecting Ridge, près du pôle Sud lunaire. Deux instruments scientifiques seront à bord : des caméras stéréo pour étudier l’interaction des propulseurs avec le régolithe lunaire et un réseau de rétroréflecteurs laser pour améliorer la précision des engins en orbite.
Moon Base II : Prévue la même année, l’atterrisseur Griffin d’Astrobotic transportera plus de 500 kilogrammes de fret, dont le rover Flip d’Astrolab, destiné à tester les systèmes de mobilité de surface pour les futurs véhicules lunaires.
Moon Base III : Cette mission, également prévue pour 2026, utilisera l’atterrisseur Nova-C Trinity d’Intuitive Machines pour étudier les tourbillons lunaires, en intégrant des charges utiles de l’Agence spatiale européenne et d’autres institutions internationales.
Les rovers : deux approches, un seul objectif
La NASA a attribué deux contrats distincts pour le développement de véhicules lunaires habités (LTV) : 219 millions de dollars à Astrolab et 220 millions à Lunar Outpost. Cette double approche vise à garantir la redondance et à éviter la dépendance à un fournisseur unique, une leçon tirée des défis rencontrés avec le Starship de SpaceX.
Le rover CLV-1 d’Astrolab, d’un poids d’environ 900 kilogrammes, sera conçu pour transporter des astronautes et déplacer des charges, tandis que le Pegasus de Lunar Outpost, plus léger et rapide, intégrera des technologies héritées des rovers Apollo.
Blue Origin : au cœur de la logistique lunaire
Pour livrer ces rovers au pôle Sud, la NASA a choisi Blue Origin et son atterrisseur Blue Moon, avec un contrat initial de 188 millions de dollars, potentiellement augmenté de 280 millions selon les performances. Ce choix renforce la position de Blue Origin comme acteur clé de la logistique lunaire.
MoonFall : quatre drones pour une cartographie précise
La mission MoonFall, développée par le Jet Propulsion Laboratory, enverra quatre drones autonomes en 2028 pour cartographier en haute résolution les sites d’atterrissage potentiels pour les astronautes Artemis. Ces drones resteront sur place après leurs missions, continuant à fonctionner pendant plusieurs mois.
CLPS 2.0 : la prochaine génération d’atterrisseurs lunaires
La NASA a également présenté le CLPS 2.0, une nouvelle génération de son programme de services de livraison commerciale pour la Lune. Ce programme accorde plus de flexibilité, permettant à la NASA de commander des missions clés en main tout en conservant un contrôle accru sur les charges utiles critiques.
La base lunaire sera présentée comme le premier avant-poste de l’Amérique et de l’humanité, soulignant une approche centrée sur les intérêts américains dans l’exploration spatiale.
Source : Futura Sciences
