Controverse autour de deux projets de poulaillers dans la Manche
Face à une consommation croissante d’œufs, la France accélère le développement de poulaillers à travers un plan national visant la construction de plus de 3 000 structures sur dix ans. Cependant, cette expansion ne se fait pas sans résistance. Dans le département de la Manche, deux projets de poulaillers dans les communes de Blainville-sur-Mer et de Saint-Floxel suscitent déjà l’opposition de certains habitants et élus locaux.
La Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FDSEA) défend ces projets en affirmant qu’ils sont nécessaires pour répondre à la demande croissante en poulets et en œufs. Lucie Morin, responsable départementale de la FDSEA de la Manche, souligne l’importance de produire localement pour asr la souveraineté alimentaire, tout en précisant que la taille des installations prévues est à taille humaine.
À Blainville-sur-Mer, le projet, encore à ses débuts, vise l’implantation d’un bâtiment de 2 000 m² pour accueillir 40 000 poules destinées à la production de viande. Aucun permis de construire n’a encore été délivré, mais des habitants, opposés à ce projet, envisagent de créer une association pour défendre leur point de vue, avec le soutien d’organisations environnementales. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 2 000 signatures contre l’implantation d’un poulailler industriel.
Les opposants dénoncent les impacts environnementaux liés à ce type d’agriculture, notamment la pollution visuelle et sonore, ainsi que les risques de dégradation du cadre de vie et de pollution des sols et des eaux. Yannick Tremblet, président de l’association « Bien vivre à Blainville-sur-Mer », souligne que la commune dispose déjà de poulaillers de petite taille, jugés suffisants.
Pour le projet de Saint-Floxel, qui prévoit l’installation d’un bâtiment pour 30 000 poules pondeuses, les démarches avancent plus rapidement. Un certificat d’urbanisme a été obtenu, et une demande de permis de construire doit encore être déposée. Toutefois, le maire, Joël Guilbert, reste préoccupé par l’emplacement proposé, qui se trouve à proximité d’habitations classées et d’un patrimoine bâti du 16e siècle.
Le conseil municipal a unanimement rejeté le projet, invoquant des préoccupations liées à l’emplacement, à l’aspect paysager et aux infrastructures routières inadaptées. De plus, la capacité d’approvisionnement en eau de la région est mise en question, le projet nécessitant environ 7 mètres cubes d’eau par jour.
Les porteurs de projets, bien qu’aspirant à répondre à la demande du marché, se heurtent à une forte contestation. Ils cherchent à préciser leurs propositions pour lever les incompréhensions et concilier les différents intérêts en jeu.
Source : France 3 Régions



