Journée mondiale de la paresse : ce que disent la science et l’Église de l’oisiveté

Journée mondiale de la paresse : entre science et théologie

La paresse, souvent perçue comme un vice, est célébrée ce 10 août lors de la Journée mondiale de la paresse. Ce sentiment, qui peut parfois nous paralyser, est au cœur des réflexions scientifiques et religieuses.

Une nature fainéante ?

Des études menées par des neurologues et psychologues tentent de comprendre si l’oisiveté fait partie de notre nature. Le XXe siècle a vu émerger le concept du « principe du moindre effort », selon lequel l’effort est intrinsèquement désagréable. L’humain serait ainsi programmé pour choisir la voie la plus simple pour atteindre ses objectifs.

Balance coûts/bénéfices

Un article de 2018 dans la revue Neuropsychologia révèle que le cerveau est souvent attiré par des comportements sédentaires, nécessitant potentiellement moins de ressources cérébrales. Toutefois, une étude récente dans Neuroscience and Biobehavioral Reviews nuance cette vision en affirmant que ce n’est pas l’effort en soi qui est évité, mais le gaspillage de cet effort.

Selon des recherches, 30 % de notre tendance à la paresse pourrait être attribuée à des facteurs génétiques. Des études menées sur des rats à l’université du Missouri montrent que la descendance de rongeurs actifs tend à être plus active que celle des rats considérés comme paresseux.

La paresse dans la doctrine chrétienne

Dans le contexte religieux, la paresse est souvent associée à la culpabilité. Saint-Benoît de Nursie la décrit comme « l’ennemie de l’âme ». Elle est classée parmi les sept péchés capitaux selon le catéchisme de l’Église catholique, aux côtés de l’orgueil et de la gourmandise. Cependant, le moine Evagre le Pontique privilégie le terme « acédie », qui désigne un manque de soin.

Le pape François a souligné que l’acédie est une tentation dangereuse, caractérisée par un dégoût pour tout, y compris pour la foi. L’Église ne condamne pas seulement l’inaction, mais aussi la paresse spirituelle, qui empêche de cultiver une relation avec Dieu.

En somme, la paresse, qu’elle soit vue comme un vice ou une condition humaine, reste un sujet de débat tant sur le plan scientifique que théologique.

Source : La Croix

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