Gilles Finchelstein en résistance contre la dictature du « tout, tout de suite »

Gilles Finchelstein : Résistance contre la dictature du « tout, tout de suite »

Gilles Finchelstein, intellectuel français, met en lumière les dangers d’un monde obsédé par l’urgence et la vitesse. À 63 ans, il prône une approche plus réfléchie du temps, soulignant les impacts d’une société qui valorise l’immédiateté.

Finchelstein, chroniqueur pour l’émission « Quotidien » sur TMC et animateur d’un « Grand face-à-face » sur France Inter, a évolué vers un rôle d’« observateur engagé » de la vie politique. Ancien proche de Dominique Strauss-Kahn et de François Hollande, il a coécrit le discours du Bourget en 2012. À la Fondation Jean-Jaurès, il occupe désormais le poste de secrétaire général, loin des préoccupations quotidiennes.

Culte de la vitesse et de l’immédiateté

L’intellectuel consacre son temps à des activités telles que le tennis et l’écriture. Il actualise actuellement la préface de La Démocratie à l’état gazeux (Flammarion, 2025) et envisage de rééditer La Dictature de l’urgence (Fayard, 2011). Dans cet ouvrage, il évoque un « culte de la vitesse, de l’instant, de l’action », entraînant un temps « accéléré, compressé, saturé ». Finchelstein constate que les tendances qu’il avait anticipées ont pris une ampleur encore plus grande qu’il ne l’avait prévu.

Il cite l’exemple de la mode, où la fast fashion, représentée par des marques comme Zara, a été surpassée par l’ultra-fast fashion, incarnée par Shein, qui propose un renouvellement permanent de ses collections. En 2011, alors qu’Instagram commençait à émerger, TikTok n’existait pas encore. Aujourd’hui, les réseaux sociaux dominent notre perception du temps, amplifiant la pression de l’immédiateté.

Technologie et gouvernance

Finchelstein interroge la place de l’intelligence artificielle (IA) dans la gouvernance. Il évoque la nomination d’une IA comme ministre en Albanie en 2025, posant la question : « Si on se fie à l’IA pour gérer notre vie personnelle, pourquoi confier à des représentants en lesquels nous n’avons déjà pas confiance le soin de gouverner ? »

Le sentiment d’urgence est exacerbé par les crises récentes, qu’elles soient sanitaires, géopolitiques ou environnementales. Finchelstein souligne que cette pression est également une conséquence du libéralisme et de la mondialisation, où la recherche de profits rapides influence la dynamique économique mondiale.

Vers une résistance réfléchie

Face à cette dictature de l’urgence, Finchelstein évoque des mouvements tels que le « slow food » et le « slow travel », qui représentent des formes de résistance émergentes. Il souligne que, malgré l’allongement de la vie et la réduction du temps de travail, le paradoxe demeure : « Jamais nous n’avons eu autant de temps. Jamais nous n’avons eu autant le sentiment d’en manquer. »

Pour lui, il est essentiel de redonner du sens au temps, en se fixant des objectifs à long terme, comme le but de neutralité carbone fixé par l’Union européenne pour 2050. Il insiste sur l’importance de ne pas utiliser ces objectifs à long terme comme prétexte pour retarder des choix nécessaires.

Source : La Croix

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