90 ans des congés payés : profitons de notre conquis social
Texte publié le 27 mai 2026.
Le droit aux vacances est un droit pour toutes et tous : il est temps d’avoir les moyens de se réapproprier nos congés ! Les vacances ne sont pas un luxe. Elles sont un droit, une conquête sociale arrachée de haute lutte par le mouvement ouvrier, grâce à l’obtention des congés payés en 1936 : quinze jours dont douze ouvrables (loi du 20 juin 1936).
Depuis cette date, plusieurs avancées ont été réalisées :
- dix-huit jours ouvrables en 1956,
- quatrième semaine de congés payés en 1968,
- cinquième semaine en 1982.
La lutte pour la réduction du temps de travail continue.
Cependant, un recul du droit aux vacances est constaté, attribué à plusieurs facteurs :
- des salaires trop bas, rendant difficile le départ en vacances,
- un pouvoir d’achat affecté par l’inflation, avec des hausses des prix de l’énergie, de l’alimentation et des loyers,
- un coût élevé des transports,
- un tourisme marchand capitaliste, standardisé.
Ainsi, des millions de personnes sont exclues des vacances chaque année en France, notamment les travailleurs précaires, les familles monoparentales, les jeunes des quartiers populaires et les retraités modestes.
Le tourisme social, soutenu par la CGT, représente une alternative. À l’époque où le tourisme marchand n’existait pas, il permettait à des millions de travailleurs de bénéficier des premiers congés payés. Ce modèle de tourisme, solidaire et accessible, défend le droit aux vacances pour tous, pas seulement pour les plus riches. Il doit lutter contre toute forme d’exclusion et garantir une gestion sociale de qualité.
Le tourisme social inclut :
- les centres de vacances pour enfants,
- les villages vacances accessibles via les comités sociaux et économiques (CSE),
- des associations et coopératives qui promeuvent des vacances conviviales et respectueuses de l’environnement.
Cependant, ce secteur est menacé, souvent délaissé par les pouvoirs publics et fragilisé par des logiques de rentabilité. Pourtant, porteur de valeurs de solidarité et d’égalité, le tourisme social devrait avoir un avenir prometteur.
En ce qui concerne le billet de congé annuel, il a été introduit en France en 1936, permettant aux bénéficiaires de voyager à prix réduit. Initialement, il offrait une réduction de 40 % sur le prix des billets de train. Aujourd’hui, ce billet, commercialisé par la SNCF, permet une réduction de 25 % pour un voyage aller-retour d’au moins 200 km.
La CGT revendique le renforcement du tourisme social par un financement public ambitieux, l’accès de tous les salariés à des séjours de qualité, ainsi qu’une revalorisation des salaires pour permettre à chacun de partir en vacances. Elle plaide également pour l’inscription du droit au départ en vacances effectif dans les politiques sociales.
Se réapproprier nos vacances, c’est refuser qu’elles deviennent un produit de luxe réservé à une élite. C’est revendiquer le droit au repos, à la découverte et à la vie familiale.
Pour un tourisme populaire, solidaire, accessible et humain : engageons-nous pour le droit aux vacances pour toutes et tous !
Source : CGT État