600 détenus jugeront la première sélection du Goncourt 2026
Le Goncourt des détenus, initiative conjointe du Centre national du livre (CNL) et du ministère de la Justice, sous le patronage de l’Académie Goncourt, permettra à 600 personnes incarcérées de devenir des jurés littéraires pour la première sélection du Prix Goncourt 2026. Ce programme, qui repose sur la même sélection que le prix historique, vise à impliquer les détenus dans un processus de lecture, de rencontres avec les auteurs et de délibérations sur les œuvres.
Les 16 romans en lice sont identiques à ceux du Prix Goncourt traditionnel :
- Boris Bergmann, Minotaure, Albin Michel
- Louise Chennevière, Faire la peau, P.O.L
- Ananda Devi, Chronique d’un royaume perdu, Grasset
- Sonia Devillers, Le fabuleux piano, Robert Laffont
- Anne Godard, Nous aussi, Actes Sud
- Olivier Grondeau, Joseph dans la nuit, L’Iconoclaste
- Yannick Haenel, La solitude des professeurs est infinie, Gallimard
- Lilia Hassaine, Je, Gallimard
- Philippe Jaenada, L’inconnue du quai de Javel, Flammarion
- Jean-Yves Jouannais, Une forêt, Albin Michel
- Emma Marsantes, N’efface pas mes cercles, Verdier
- Clémentine Mélois, Choses que je croyais perdues, L’Arbalète/Gallimard
- Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir, Grasset
- Sylvain Prudhomme, De l’autre côté du lac, Les Éditions de Minuit
- Olivier Rolin, La Guerre éternelle, Gallimard
- Patrice Trigano, Bataille au procès, Maurice Nadeau
Le lancement de cette initiative se déroulera le 3 septembre à la maison centrale de Poissy, avec une rencontre entre l’académicienne Paule Constant et les détenus. Les livres seront ensuite distribués dans 45 établissements pénitentiaires à travers la France, de Saint-Martin-de-Ré à Nouméa.
Entre le 12 octobre et le 13 novembre, les participants auront l’occasion de rencontrer les auteurs. Chaque établissement sélectionnera ensuite trois ouvrages. Des délibérations interrégionales sont prévues du 23 au 27 novembre, suivies de la réunion des délégués nationaux au CNL le 15 décembre 2026, où sera annoncé le lauréat.
En 2025, le Prix Goncourt des détenus avait été attribué à Paul Gasnier pour La Collision, après plus de trois mois de lectures et une trentaine de rencontres.
Le Goncourt des détenus se distingue par son approche temporelle : il laisse plusieurs mois aux jurés pour lire l’ensemble de la sélection, rencontrer les auteurs et débattre de leurs choix avant le vote final.
Les établissements pénitentiaires participants :
Pour cette cinquième édition, 45 établissements pénitentiaires participent, répartis dans diverses directions interrégionales des services pénitentiaires, incluant :
- DISP de Bordeaux : Maison centrale de Saint-Martin-de-Ré, Maison d’arrêt de Bayonne, Centre de détention de Bédenac, Centre de détention de Mauzac, Maison d’arrêt de Limoges.
- DISP de Dijon : Centre pénitentiaire d’Orléans Saran, Maison d’arrêt de Vesoul, Maison d’arrêt d’Auxerre, Centre pénitentiaire de Châteauroux, Maison d’arrêt de Nevers.
- Outre-mer : Centre pénitentiaire de Baie-Mahault, Centre de détention de Tatutu, Centre pénitentiaire de Nouméa, Maison d’arrêt de Saint-Pierre, Centre pénitentiaire de Saint-Denis.
- DISP de Lille : Centre pénitentiaire de Maubeuge, Maison d’arrêt de Béthune, Maison d’arrêt d’Arras, Centre pénitentiaire de Laon, Maison d’arrêt de Valenciennes.
- DISP de Lyon : Centre pénitentiaire de Saint-Étienne, Centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure.
- DISP de Marseille : Maison d’arrêt d’Ajaccio, Maison centrale d’Arles, Maison d’arrêt de Nice, Centre pénitentiaire de Borgo.
- DISP de Paris : Structure d’accompagnement à la sortie de Noisy-le-Grand, Centre pénitentiaire de Seine-Saint-Denis, Centre pénitentiaire des Hauts-de-Seine, Maison centrale de Poissy, Centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis.
- DISP de Rennes : Maison d’arrêt de Brest, Maison d’arrêt de Rouen, Centre pénitentiaire de Nantes, Centre pénitentiaire de Ploemeur.
- DISP de Strasbourg : Centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach, Centre de détention de Toul, Centre pénitentiaire de Troyes-Lavau, Maison d’arrêt de Reims, Maison centrale d’Ensisheim.
- DISP de Toulouse : Maison d’arrêt de Foix, Maison d’arrêt de Rodez, Centre pénitentiaire de Lannemezan, Centre pénitentiaire de Perpignan, Maison d’arrêt de Nîmes.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche d’ouverture et de réhabilitation à travers la culture, permettant aux détenus de s’engager activement dans le monde littéraire.
Source : Centre national du livre (CNL)

