60% des loyers du parc social dépassent le plafond des APL, contre 39% il y a 12 ans.

Même le logement social devient inaccessible: 60% des loyers du parc social sont supérieurs au plafond des APL (12 ans plus tôt c'était 39%)

Même le logement social devient inaccessible : 60% des loyers dépassent les plafonds des APL

Les aides personnalisées au logement (APL) ne parviennent plus à suivre l’évolution des loyers et des charges dans le parc social. En 2024, près de 60% des logements sociaux affichent un loyer supérieur au plafond retenu pour le calcul des APL, rendant une part croissante de ce parc inaccessible aux ménages les plus modestes.

Selon un avis publié par le Haut Comité pour le droit au logement (HCLPD), la situation s’est détériorée au fil des années. En 2012, 39% des loyers de logements sociaux étaient supérieurs au plafond APL, ce chiffre a atteint 55% en 2020 et, en 2024, il frôle les 60%. Cette évolution souligne une « dégradation continue de l’accessibilité financière du parc social ».

De plus, la part des logements dont le loyer dépasse de plus de 20% le plafond de l’APL a également augmenté, passant de 18% à 31% entre 2012 et 2020. Toutes les catégories de logements sociaux sont touchées. En 2020, plus de la moitié (51%) des logements financés par des prêts locatifs aidés d’intégration (PLAI), destinés aux plus modestes, dépassaient les plafonds de l’APL. Notamment, plus de 60% des demandeurs de logement social disposent de ressources inférieures aux plafonds du PLAI.

Les charges aggravent le décalage

La hausse des charges accentue ce décalage. Les dépenses d’eau et d’énergie des locataires atteignent, en moyenne, 190 euros par mois, alors que le forfait de charges retenu pour le calcul de l’APL est limité à 58 euros pour une personne seule ou un couple.

Le HCLPD souligne que la cohérence économique du logement social s’est « progressivement défaite », alors qu’elle reposait historiquement sur les « aides à la pierre » et les aides à la personne. Entre 2010 et 2026, les loyers maximaux des logements conventionnés ont augmenté de près de 25%, tandis que les plafonds pour le calcul des APL n’ont crû que de 19%. Par ailleurs, le renouvellement du parc social, entraînant la destruction de logements anciens, a réduit l’offre à loyers les plus bas.

Le HCLPD met en lumière les conséquences sur la mixité sociale, avec des logements accessibles concentrés dans le parc ancien et dans les quartiers prioritaires. Il recommande de revaloriser les plafonds de loyer et le forfait de charges retenus pour le calcul des APL, ainsi que de revoir les conditions de financement du logement social.

Source : Haut Comité pour le droit au logement (HCLPD).

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