Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a procédé à un remaniement significatif de son cabinet en nommant Roustem Oumerov à la tête du service de renseignement extérieur du pays. Cette décision, annoncée le 3 août, inclut également la responsabilité de poursuivre les négociations de paix avec la Russie, soulignant le rôle central d’Oumerov dans l’appareil d’État ukrainien. Zelensky a justifié ce choix en affirmant qu’Oumerov possède une « plus grande capacité à gérer simultanément » des enjeux de diplomatie, de défense et de négociation avec des partenaires internationaux, notamment les États-Unis. Âgé d’une quarantaine d’années, Oumerov succède à la présidence du Conseil de sécurité, un organe consultatif, tout en continuant à superviser les discussions diplomatiques. Depuis plusieurs mois, il a été un acteur clé dans les négociations avec Moscou, représentant l’Ukraine lors des pourparlers de paix, qui sont actuellement au point mort. Malgré ce manque d’avancées, Zelensky souhaite le maintenir en poste pour continuer à explorer des solutions diplomatiques au conflit. Oumerov est également chargé de l’initiative « Drone Deal », qui vise à renforcer la coopération en matière de défense, notamment en ce qui concerne les contrats de drones, et à établir des accords avec des partenaires au Moyen-Orient. Cette nomination survient dans un climat politique tendu en Ukraine. Depuis juillet, Zelensky a multiplié les changements au sein des plus hautes fonctions de l’État, un remaniement qui a suscité des critiques, notamment suite à la destitution de Mykhailo Fedorov, ancien ministre de la Défense. Les détracteurs du président pointent du doigt une concentration de pouvoir entre un cercle restreint de fidèles. Zelensky a affirmé que ces réorganisations visent à préparer le pays à un hiver difficile, face à la menace de nouvelles frappes russes sur les infrastructures énergétiques. Oumerov, issu de la minorité tatare de Crimée et musulman pratiquant, a déjà été ministre de la Défense, bien que son mandat ait été entaché par des controverses liées à des scandales de corruption. Source : L’Express.


