Yvette Roudy, première ministre des Droits des femmes, est morte
Yvette Roudy, ministre déléguée chargée des Droits de la femme, s'entretient avec une femme lors de sa visite au siège du Mouvement français du Planning Familial, à Paris, le 8 mars 1983.

Yvette Roudy, ministre déléguée chargée des Droits de la femme, s’entretient avec une femme lors de sa visite au siège du Mouvement français du Planning Familial, à Paris, le 8 mars 1983. GEORGES BENDRIHEM / AFP

Yvette Roudy, première ministre des « Droits de la femme » en France, est décédée ce mardi 18 août à Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales, à l’âge de 97 ans, a annoncé son neveu Jean-Pierre Saldou à l’AFP. Elle est décédée dans la matinée dans la résidence médicalisée où elle vivait depuis trois ans.

Féministe et socialiste, Yvette Roudy avait été nommée ministre déléguée aux Droits de la femme en 1981, après l’élection de François Mitterrand à l’Elysée. À l’époque, elle avait 52 ans et affichait une ambition : « Je veux former un ministère qui travaille à sa propre disparition. » Devenue ensuite ministre de plein exercice, elle était restée au gouvernement jusqu’à la première cohabitation, en 1986.

Yvette Roudy fut la première à disposer d’un véritable ministère consacré aux droits des femmes. Il faudra attendre 2012 pour retrouver un ministère de plein exercice dédié à cette question avec la nomination de Najat Vallaud-Belkacem.

Le remboursement de l’IVG et la loi sur l’égalité professionnelle

Son passage au gouvernement reste associé à plusieurs avancées majeures pour les droits des femmes. Signataire en 1971 du « Manifeste des 343 », qui réclamait le droit à l’avortement, Yvette Roudy obtient en 1982 le remboursement de l’interruption volontaire de grossesse par la Sécurité sociale, sept ans après sa légalisation par la loi Veil. Elle laisse également son nom à la loi du 13 juillet 1983 sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, qui interdit notamment de refuser une embauche ou une promotion en raison du sexe.

Tous ses combats n’aboutissent toutefois pas. Son projet de loi « anti-sexiste », visant à réprimer certaines atteintes à la dignité des femmes dans la publicité, provoque une forte opposition et finit par être abandonné.

Du militantisme féministe au Parti socialiste

Née le 10 avril 1929 à Pessac, Yvette Roudy commence à travailler très jeune comme secrétaire. Sa traduction en français de « la Femme mystifiée », de Betty Friedan, participe à son entrée dans le militantisme féministe. Elle rejoint en 1965 la Convention des institutions républicaines de François Mitterrand, puis le Parti socialiste.

Elle est élue au parlement européen en 1979, puis devient députée du Calvados et maire de Lisieux de 1989 à 2001. En 1996, elle signe le « manifeste des dix pour la parité » dans l’Express.

Les hommages ont commencé à affluer après l’annonce de sa mort. L’ancien président François Hollande a salué son engagement, rappelant qu’elle avait fait reconnaître officiellement le 8 mars comme Journée internationale des droits des femmes en France.

Son dernier livre, publié en mars 2020, portait un titre qui résumait plus d’un demi-siècle d’engagement : « Lutter toujours ».

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