Yuki Suenaga et Takamasa Moue : « Je voulais écrire un manga qui (.)

Akane-banashi : Le Rakugo à l’ère du Shônen

Au cœur d’Akane-banashi se trouve le rakugo, un art traditionnel japonais vieux de plus de 400 ans. Seul sur scène, armé d’un éventail et d’un petit tissu, le conteur interprète tous les personnages d’une histoire en jouant uniquement sur sa voix, ses expressions et sa gestuelle. Héritier des conteurs qui utilisaient l’humour pour transmettre leurs récits, le rakugo continue d’être pratiqué au Japon, bien qu’il demeure un art de niche, particulièrement méconnu en France. Des passionnés comme Cyril Coppini, consultant rakugo pour l’édition française d’Akane-banashi, s’efforcent de faire découvrir cette discipline au public francophone.

Akane-banashi se distingue par sa transformation du rakugo en une forme presque de manga de combat. Yuki Suenaga, le scénariste, a conçu cette œuvre comme un shônen dès le départ, mettant l’accent sur l’énergie et l’impression que le manga doit laisser aux lecteurs. Son collaborateur, Takamasa Moue, souligne que le rakugo, bien que traditionnel, peut coexister avec les thèmes modernes des mangas shônen, apportant une nouvelle vie à cet art.

L’histoire de Shibahama occupe une place centrale dans Akane-banashi. Suenaga explique que, même au Japon, rares sont les pièces de rakugo connues de tous, et Shibahama en fait partie. Ce choix vise à rassembler les lecteurs autour d’un récit accessible tout en respectant l’héritage des conteurs originaux.

La création de personnages féminins forts, comme Akane, dans un milieu dominé par des protagonistes masculins a été perçue comme un défi. Cependant, Suenaga affirme que le Shônen Jump recherche avant tout des personnages captivants, indépendamment de leur genre. Moue, quant à lui, a découvert une satisfaction à dessiner une héroïne forte, unique dans le magazine.

Akane-banashi joue sur plusieurs tableaux, en mélangeant différentes catégories de mangas. Suenaga a voulu écrire une œuvre qui puisse séduire même ceux qui n’ont pas d’affinité avec le rakugo, tout en trouvant sa place dans l’univers du Jump.

Dans un marché compétitif, Moue estime qu’Akane-banashi illustre particulièrement l’humanité, avec des thèmes d’émotions, d’amitié et d’amour, exprimés au-delà des simples dialogues. Suenaga renforce cette idée, soulignant la capacité de Moue à transmettre des émotions complexes à travers son art.

Le duo reconnaît les défis du rythme hebdomadaire de publication, tout en exprimant une satisfaction quant à leur capacité à maintenir ce rythme. Moue a également constaté une évolution dans son style artistique depuis le début de la série, ce qui a été apprécié par les lecteurs.

En ce qui concerne la popularité du rakugo auprès des jeunes, Suenaga affirme que Akane-banashi a permis à une nouvelle génération de découvrir cet art, tant à travers le manga que l’anime. Moue compare son rôle à celui d’un cuisinier, rendant le rakugo attrayant pour le public.

Enfin, les influences artistiques des deux créateurs sont variées, allant de Subaru, danse vers les étoiles à One Piece et Naruto. Suenaga et Moue espèrent que leur œuvre pourra séduire un large public, y compris les familles, et contribuer à faire connaître le rakugo à travers les générations.

Source : Actuabd.com

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