Yoga, Qi Gong, Tai Chi : pourquoi ces pratiques font-elles du bien à notre santé ?
Yoga, Qi Gong et Tai Chi sont des pratiques qui agissent sur de nombreux mécanismes de l’organisme. Elles influencent la respiration, l’équilibre, la gestion du stress, les douleurs chroniques et le vieillissement cognitif. Les effets bénéfiques sur la santé de ces disciplines sont de mieux en mieux documentés, à la croisée des traditions ancestrales et des recherches scientifiques. Ces pratiques invitent à explorer les liens étroits entre le mouvement, la respiration, l’équilibre émotionnel et le fonctionnement du cerveau.
L’union du corps, de l’esprit et du souffle
Ces trois disciplines partagent une vision commune : l’interconnexion entre le corps, l’esprit et le souffle. Selon le Dr Lionel Coudron, cette unité est inscrite dans le mot même de yoga, qui signifie « joindre, unir, réunir, relier ». L’objectif est de retrouver un « état de cohérence » entre le corps physique, les émotions et les pensées.
Cette quête d’harmonie est également présente dans la médecine traditionnelle chinoise. Le Pr. Bingkai Liu décrit le Qi Gong comme un « souffle vital » qui se cultive à travers le mouvement, la méditation, l’attention et la respiration. Dans le Taï Chi, cette logique est appréhendée sous l’angle des neurosciences. Le Dr Daniel Schulz souligne que cette pratique mobilise simultanément « motricité fine, proprioception, attention et respiration ».
La respiration, une voie pour agir sur le stress et retrouver l’équilibre
Le souffle est central dans ces pratiques. Il va au-delà de la mécanique respiratoire, influençant à la fois le corps et l’état psychique. Le Dr Coudron précise que la respiration est directement liée à « notre état, nos émotions ». Les techniques de respiration lente renforcent l’activité du système parasympathique, qui est associé au repos et à la récupération, sans pour autant ralentir systématiquement l’organisme.
Le Professeur Liu fait écho à cette idée. Dans le Qi Gong, certaines techniques visent à ralentir la respiration pour favoriser la sérénité, tandis que d’autres, utilisées à des fins thérapeutiques, peuvent être plus dynamiques. Dans le Taï Chi, la respiration accompagne le mouvement, devenant plus profonde et s’adaptant au rythme des gestes, comme l’indique le Dr Schulz.
Faire travailler le cerveau pour mieux vieillir
Le mouvement ne sollicite pas seulement le corps, mais également les capacités cognitives. L’apprentissage des enchaînements du Taï Chi, parfois complexes, stimule la neuroplasticité, créant « de nouvelles connexions dans le cerveau », en particulier dans les zones liées au mouvement, à la planification et à l’attention.
Ces effets pourraient contribuer à préserver certaines capacités cognitives avec l’âge, sans que ces pratiques soient considérées comme un traitement des maladies neurodégénératives. Leur valeur réside dans une approche préventive du vieillissement et de diverses pathologies, comme le souligne Lionel Coudron. Le Qi Gong, par tradition, est conçu comme une pratique préventive, visant à maintenir l’équilibre et la santé.
Sources
- Dr Lionel Coudron, Institut de Yogathérapie (IDYT)
- Pr Bingkai Liu, Centre Intégré de Médecine Traditionnelle Chinoise, hôpital de la Pitié-Salpêtrière
- Dr Daniel Schulz, neurosciences, université Paris-Sud et CNRS



