Yémen : Plus de 200 morts dans l’offensive des Houthistes vers le détroit de Bab el-Mandeb
Les affrontements au Yémen entre les forces pro-gouvernementales et les Houthistes ont causé plus de 200 morts en trois jours, les pertes les plus élevées depuis des années, suite à une offensive des rebelles pro-iraniens près du détroit stratégique de Bab el-Mandeb. Ce bilan a été rapporté le 5 septembre par des sources militaires et médicales, après une attaque terrestre soutenue par des tirs de roquettes et des drones visant à s’emparer des zones adjacentes au détroit.
Le détroit de Bab el-Mandeb, essentiel pour le commerce maritime reliant l’Asie à l’Europe via le canal de Suez, a pris une importance accrue depuis le début des conflits au Moyen-Orient et le verrouillage par l’Iran du détroit d’Ormuz. En juillet, les Houthistes avaient annoncé un blocus maritime contre Riyad, qui soutient le gouvernement yéménite, et avaient revendiqué des attaques contre plusieurs pétroliers saoudiens. Bien qu’ils ne contrôlent pas directement des secteurs donnant sur Bab el-Mandeb, ils détiennent la ville portuaire de Hodeida, située plus au nord.
Les rebelles ont pris des positions stratégiques dans les hauteurs, augmentant leur capacité à cibler des navires. Selon des sources militaires gouvernementales, ils cherchent également à isoler la ville portuaire de Mokha, proche du détroit, des zones contrôlées par le gouvernement.
Le bilan des troupes gouvernementales et de leurs alliés a augmenté de 39 à 66 morts, tandis que le nombre de morts parmi les Houthistes est estimé à au moins 62. Un civil a également été tué. Ni les rebelles ni le gouvernement n’ont fourni de bilan officiel jusqu’à présent.
Pour contrer l’offensive des Houthistes et tenter de reprendre le contrôle de la zone, le gouvernement a envoyé des renforts depuis Aden, à la demande de Riyad. Le détroit de Bab el-Mandeb est crucial pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, car il constitue sa principale route maritime accessible depuis le verrouillage d’Ormuz.
Le Yémen, en proie à un conflit dévastateur entre forces gouvernementales et rebelles houthistes depuis 2014, a connu une escalade des hostilités depuis juillet, en parallèle avec des tensions régionales exacerbées par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran.
Des frappes attribuées à Riyad ont visé l’aéroport de Sanaa, contrôlé par les Houthistes, où l’Iran a envoyé une délégation rebelle sans autorisation du royaume saoudien, qui contrôle l’espace aérien yéménite. Les rebelles intensifient leurs attaques contre des sites militaires et des infrastructures saoudiennes, notamment une raffinerie.
Source : La Croix

