Xi Jinping : l’union sacrée entre l’héritage de Mao et les réformes de Deng Xiaoping
Qui est vraiment Xi Jinping, enfant de l’élite, traité un temps comme un paria par le PCC, devenu président de la deuxième puissance mondiale ?
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Dans un film de propagande de près de six minutes, Xi Jinping explique pourquoi il a imaginé les « nouvelles routes de la soie » : « C’est dans ma province d’origine, le Shanxi, que se situait le point de départ de l’ancienne route. Lorsque je m’y rends et que je me tourne vers le passé, j’ai l’impression d’entendre encore les cloches des chameaux transportant les marchandises à travers le désert. »
Pour Xi Jinping, il s’agit de redonner à la Chine sa splendeur du passé. Le président chinois vise à opérer une synthèse entre l’ouverture économique de Deng Xiaoping, au début des années 1980, et l’approche disciplinée et autoritaire du règne de Mao.
À travers ces nouvelles routes de la soie, tous les chemins mènent à Pékin, et les pays qui choisissent cette voie doivent se soumettre à Xi Jinping : « Une grande cause doit être défendue pour le bien commun. Resserrons nos liens, unissons nos forces, pour forger de nouveaux partenariats basés sur des échanges gagnant-gagnant », déclare le dirigeant chinois.
Jean-Maurice Ripert, ancien ambassadeur de France à Pékin de 2017 à 2019, souligne : « N’oubliez jamais que Zhōngguó en chinois, cela ne veut pas dire ‘l’Empire du milieu’, cela veut dire ‘le centre du monde’. » Une fois les contrats signés dans le cadre des nouvelles routes de la soie, certains pays partenaires, incapables de rembourser leurs dettes, se retrouvent sous influence chinoise.
Le Sri Lanka a récemment cédé à Pékin la gestion de l’un de ses ports pour 99 ans, transformant en enclave chinoise une partie de son territoire. De plus, au printemps 2026, à la demande de Pékin, Madagascar, les Seychelles et l’île Maurice interdisent le survol de leur territoire au président taïwanais, qui est contraint d’annuler son voyage officiel en Eswatini, le seul pays d’Afrique à ne pas avoir cédé aux sirènes des nouvelles routes de la soie.
Le 15 janvier 2017, pour la première fois, le Forum économique mondial de Davos est inauguré par un président chinois. « Nous devons rester engagés dans l’économie de libre-échange, dans l’investissement mondial et promouvoir la libéralisation de l’économie », prononce Xi Jinping, laissant l’assistance perplexe.
Ce discours marque l’acte de naissance de la Chine de Xi Jinping, une Chine conquérante qui cherche à imposer son modèle. Le président chinois s’adresse alors aux cadres du Parti communiste chinois : « Nous allons créer une communauté de destin commun pour l’humanité et engager la réforme du système de gouvernance mondiale. »
En 2018, lors d’un voyage d’étude organisé pour la presse par le ministère de la Défense chinois, un général de l’Armée populaire de Chine répond à un journaliste occidental : « Vous avez bien tenté de coloniser le monde, et notamment l’Afrique. Pourquoi ne pourrions-nous pas essayer de réussir là où vous avez échoué ? »
Source : Franceinfo



