Le vrai défi de demain ne sera pas de vendre, mais de trouver des producteurs de raisins : entretien avec William Juan, réélu président de la cave coopérative de Frontignan
Le 22 juillet dernier, le conseil d’administration de la cave coopérative de Frontignan a reconduit William Juan à la présidence, avec un nouveau bureau pour accompagner ses ambitions.
William Juan souligne que la cave coopérative maintient un équilibre financier avec un chiffre d’affaires stable de 8 millions d’euros. Au cours de son précédent mandat, des efforts ont été réalisés pour conquérir de nouveaux marchés en grande distribution, notamment pour la cuvée « Frontignan premier ». Depuis juillet 2025, la coopérative négocie directement, après avoir mis fin à une collaboration avec un agent commercial, permettant d’accroître sa présence dans 12 des 16 régions d’un grand distributeur.
La coopérative a également diversifié son offre avec le lancement d’un gin, élaboré à partir des lies de muscat. Ce produit, mis sur le marché fin juin, a pour objectif de doubler sa production dans les deux prochaines années, avec 5 000 bouteilles déjà commercialisées.
Le bureau de la coopérative a été élargi et rajeuni, avec la création d’un second poste de vice-président, intégrant des membres aux visions nouvelles, notamment sur les pratiques environnementales. Une réflexion sur le passage à la Haute Valeur Environnementale (HVE) est en cours, sans bénéfice commercial immédiat.
Pour ce nouveau mandat, les priorités incluent le développement du muscat rouge, dont le millésime 2026 pourrait obtenir l’AOP. L’objectif est de passer de 12 000 à 35 000 bouteilles d’ici cinq à six ans, tout en incitant les coopérateurs à planter.
William Juan aborde également la question du renouvellement des générations, un enjeu crucial pour la coopérative face à la fermeture de caves et à la retraite imminente de nombreux coopérateurs. Il déclare : « Le vrai défi de demain ne sera pas de vendre des bouteilles, mais de trouver des producteurs de raisin. » Pour attirer de nouveaux installés, des avances sur acompte pour de futurs coopérateurs sont envisagées, bien que le portage foncier, pratiqué autrefois, soit devenu difficile à mettre en œuvre dans le contexte économique actuel.
Source : Midi Libre
