Transparence fiscale : le Gabon épinglé par Washington sur la dette des entreprises publiques
Le Gabon est de nouveau pointé du doigt par le Département d’État américain dans son rapport sur la transparence fiscale, le Fiscal Transparency Report 2026, publié le 12 août. Le pays fait partie des 67 gouvernements qui ne répondent pas aux exigences minimales de transparence fixées par les États-Unis. Sur un total de 139 gouvernements et entités évalués, 73 respectent ces critères, tandis que 67 n’y parviennent pas. Parmi ceux-ci, 14 ont toutefois enregistré des progrès notables.
Washington souligne que la transparence fiscale ne se limite pas à la simple publication de documents budgétaires. Elle doit permettre de comprendre la situation financière de l’État, de suivre l’utilisation des ressources publiques et d’identifier les engagements susceptibles d’impacter les finances publiques. Le rapport insiste également sur l’importance de rendre publiques les données concernant la dette afin de limiter les risques liés à des financements non transparents.
Le passif des entreprises publiques en question
Le cas du Gabon est particulièrement sensible dans ce contexte. Le Département d’État exige que les informations relatives aux obligations financières de l’État soient publiées et mises à jour régulièrement, y compris celles des principales entreprises publiques. Cette demande n’est pas nouvelle, car lors d’une évaluation précédente, il avait été observé que seules des informations limitées sur les obligations de dette étaient accessibles et que la dette des entreprises publiques n’était pas intégrée.
Il est essentiel de noter que le problème ne concerne pas seulement la dette souveraine inscrite dans les comptes de l’État, mais également les engagements contractés par des entités publiques susceptibles de solliciter la garantie ou le soutien financier de l’État. Cela est particulièrement pertinent pour le Gabon, où plusieurs entreprises publiques opèrent dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie et les infrastructures.
Documents budgétaires jugés insuffisants
Le rapport américain critique également les conditions de publication des documents budgétaires. Il a été noté que le Gabon ne publiait pas son projet de budget de manière opportune, ni son rapport de fin d’exercice, et que les rapports trimestriels d’exécution budgétaire étaient limités et peu fiables. Selon les standards américains, le projet de budget doit être rendu public au moins un mois avant le début de l’exercice et avant son adoption par le Parlement.
Un enjeu pour la crédibilité financière
Cette opacité peut avoir des répercussions sur la perception du risque pays. Si les engagements financiers ne sont pas clairement identifiables, investisseurs et créanciers manquent de visibilité sur la situation réelle de l’État. Le rapport souligne que la transparence fiscale renforce la confiance des marchés et améliore la gestion des finances publiques.
Pour le Gabon, cette question est cruciale dans un contexte où le pays doit mobiliser des ressources pour financer ses investissements publics. Une meilleure consolidation des engagements de l’État et de ses entreprises publiques pourrait fournir une image plus précise du risque budgétaire.
En conclusion, bien que le constat américain ne signifie pas que le Gabon cache des informations sur sa dette ou qu’il y ait nécessairement des irrégularités dans la gestion de ses entreprises publiques, le besoin de publier de manière régulière des informations consolidées sur la dette demeure un enjeu majeur de gouvernance financière. Libreville doit désormais s’attacher à réduire cette opacité en rendant accessibles des données fiables et actualisées sur les engagements publics, tant pour le contrôle démocratique que pour sa crédibilité financière auprès de ses partenaires.
Source : Gabonreview.com



