Liban : à Washington, le président libanais Joseph Aoun joue la carte Trump face au Hezbollah – L'Express

À Washington, le président libanais Joseph Aoun joue la carte Trump face au Hezbollah

Le président libanais Joseph Aoun se rendra pour la première fois à la Maison-Blanche cette semaine pour rencontrer Donald Trump. Cette rencontre a pour but de présenter un plan visant à désarmer le Hezbollah, groupe militant soutenu par l’Iran, et à garantir le retrait d’Israël du Liban.

Joseph Aoun, ancien commandant de l’armée libanaise soutenue par les États-Unis, est le premier chef d’État libanais à se rendre à la Maison-Blanche depuis près de vingt ans. La rencontre intervient à un moment critique pour le Liban, alors que des troupes israéliennes occupent une partie du sud du pays et que des centaines de milliers de Libanais restent déplacés à la suite des frappes israéliennes. Le Hezbollah a rejeté les pourparlers directs entre le gouvernement libanais et Israël ainsi que les efforts pour le désarmer.

Dans des déclarations récentes, Aoun a indiqué qu’il demanderait à Trump d’exercer une pression sur Israël pour mettre en œuvre l’accord du 26 juin, négocié sous l’égide des États-Unis. Cet accord vise à désarmer le Hezbollah, à garantir un retrait progressif des troupes israéliennes et à ouvrir la voie à des relations pacifiques entre les deux pays.

Un responsable libanais a précisé que Joseph Aoun présenterait à Donald Trump une proposition écrite sur la démolition de l’arsenal du Hezbollah. Selon ce responsable, Aoun considère que seul Trump a l’influence nécessaire pour convaincre Israël de retirer ses troupes et aider le Liban à restaurer sa souveraineté.

Joseph Aoun, âgé de 62 ans, a été élu président l’année dernière, juste avant que Trump n’entame son second mandat. Aoun est un chrétien maronite, conformément au système libanais de partage du pouvoir confessionnel. Militaire de carrière, il a été blessé à deux reprises.

Son élection a marqué un bouleversement dans l’équilibre des pouvoirs au Liban, suite à une offensive israélienne dévastatrice contre le Hezbollah en 2024 et la chute du président syrien Bachar al-Assad, qui a affaibli le groupe.

Lors de sa cérémonie d’investiture, Aoun s’est engagé à affirmer le droit de l’État au monopole des armes. La première année de sa présidence a été marquée par des efforts pour obtenir le désarmement du Hezbollah. Cependant, en mars, une nouvelle guerre a éclaté lorsque le Hezbollah a tiré sur Israël, ce qui a déclenché une campagne israélienne ayant causé plus de 4 300 morts selon le ministère libanais de la Santé, incluant près de 800 enfants, femmes et membres du personnel médical.

Après le début de cette guerre, Joseph Aoun a appelé à des pourparlers directs avec Israël, un tournant historique pour le Liban, mais cela lui a valu des critiques du Hezbollah et de ses partisans. Aoun a maintenu sa position en critiquant le Hezbollah pour avoir provoqué la guerre, affirmant que le Liban était en train d’être détruit au profit de l’Iran.

Aoun, né à Sin al-Fil, a commencé sa carrière militaire pendant la guerre civile libanaise. Il a dirigé des opérations contre des groupes extrémistes et a récemment commandé une armée affaiblie par la crise économique du pays.

L’élection de Joseph Aoun a mis fin à un vide présidentiel de deux ans et il s’est engagé à mener à bien des réformes économiques longtemps attendues, tout en promettant justice pour les victimes de l’explosion du port de Beyrouth en 2020.

Source : L’Express

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *