Kimi a-t-il copié Anthropic ? Washington accuse, les preuves manquent encore
La Maison Blanche a récemment accusé la société Moonshot, créatrice de Kimi K3, de distillation illégale des modèles d’Anthropic, notamment de son modèle Fable. Cette technique d’entraînement consiste à faire apprendre à un modèle plus petit les sorties d’un modèle plus grand pour améliorer ses compétences à moindre coût. Si cette méthode est légale dans certaines conditions d’utilisation, elle constitue une violation des droits de propriété intellectuelle lorsqu’elle est interdite.
Le calendrier soulève des questions. Fable est accessible au public depuis le 1er juillet 2026, tandis que Kimi K3 a été lancé deux semaines plus tard. La distillation d’un modèle de 2,8 trillions de paramètres en seulement quinze jours à partir d’un modèle récemment public semble relever du défi technique plutôt que de la fraude. Des experts en intelligence artificielle ont remis en question la plausibilité de cette accusation, affirmant que les capacités de K3 ne peuvent pas être uniquement attribuées à une distillation depuis Fable.
Une autre accusation, formulée par Kratsios, suggère que Moonshot aurait acquis des serveurs Nvidia GB300, interdits à la vente aux entreprises chinoises par les contrôles à l’exportation américains, et y aurait accédé via la Thaïlande. Si cela s’avère vrai, cela constituerait une violation plus grave que la distillation elle-même. À ce jour, Moonshot n’a pas commenté ces allégations.
Ce n’est pas la première fois qu’un tel scénario se produit. En janvier 2025, le modèle DeepSeek avait suscité des controverses similaires, entraînant des bans sur les appareils gouvernementaux de plusieurs pays, bien que les fichiers du modèle soient restés accessibles. Kimi K3 se trouve dans une situation comparable : même si Moonshot est inscrit sur l’Entity List des États-Unis, les poids du modèle déjà téléchargés demeurent disponibles. À Washington, des voix, dont celle de Dean Ball, ancien conseiller à la Maison Blanche, proposent de restreindre l’utilisation des modèles open-weight chinois sur le sol américain.
En Europe, la législation est différente. L’AI Act prévoit des exemptions spécifiques pour les modèles open-weight, sauf en cas de « risque systémique » avéré. Ainsi, Kimi K3 reste librement accessible en France.
Source : Clubic
