Vrai ou faux : Nos objets connectés vont-ils bientôt être traqués par les lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation ?
Une publication largement relayée sur X affirme que les caméras de lecture automatisée des plaques d’immatriculation (LAPI) déployées en France pourraient bientôt identifier les appareils connectés présents dans les véhicules, à des fins de surveillance. Cette affirmation se révèle trompeuse.
Les caméras LAPI, en place depuis le début des années 2010, sont conçues pour scanner les plaques d’immatriculation des véhicules, facilitant ainsi l’accès automatisé aux barrières et soutenant les forces de l’ordre dans leurs enquêtes. Récemment, une publication virale sur X, vue près de 100 000 fois depuis le 28 juin, a associé cette technologie à un dispositif de surveillance de masse, sans fournir de preuves concrètes.
L’auteur de cette publication, Christophe Boutry, ancien agent de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), évoque une technologie appelée SignalTrace, développée par l’entreprise italienne Leonardo. Selon lui, cette technologie permettrait de capter les signaux émis par les appareils connectés à proximité d’un véhicule, dans le but de les lier à une plaque d’immatriculation pour faciliter les enquêtes policières.
SignalTrace est effectivement une technologie existante, utilisée notamment aux États-Unis. Elle est décrite par Leonardo comme un système permettant d’identifier des personnes ou des véhicules suspects, même sans numéro d’immatriculation. Ce dispositif fonctionne par un « scan passif » des communications électroniques, capturant des données d’identification des appareils connectés.
Cependant, bien que cette technologie puisse potentiellement automatiser la surveillance, elle soulève d’importantes questions de vie privée. Le professeur Olivier Blazy souligne que la collecte indiscriminée de données pourrait constituer une forme de surveillance policière constante, affectant tous les citoyens, y compris ceux qui ne sont pas impliqués dans des activités criminelles.
Malgré l’existence de SignalTrace, rien ne garantit que les caméras LAPI en France seront bientôt équipées de cette technologie. Les professionnels interrogés affirment que Leonardo n’est pas un acteur sur le marché français des LAPI. De plus, toute évolution technique nécessiterait un cadre légal et des appels d’offres publics, ce qui est peu probable dans le contexte actuel.
Actuellement, les LAPI operent sous un cadre législatif strict, limitant la conservation des données à 30 jours et régulant leur utilisation à des fins spécifiques, comme la prévention du terrorisme ou la constatation d’infractions. Une proposition de loi vise à élargir l’utilisation des LAPI, mais même si elle était adoptée, elle ne permettrait pas la collecte de signaux électroniques à proximité des véhicules.
En conclusion, bien que la technologie SignalTrace existe, son intégration dans le système LAPI français n’est ni imminente ni garantie, et elle serait soumise à des contraintes légales strictes.
Source : Franceinfo
