Volkswagen annonce une restructuration historique avec 100 000 emplois supprimés
Le conseil de surveillance de Volkswagen a approuvé, le 3 septembre, un plan de restructuration majeur qui prévoit la suppression de 100 000 postes d’ici cinq ans. Cette décision vise à éviter un affrontement significatif avec les salariés, au moins temporairement.
Le plan, intitulé « Plan d’avenir 2030 », inclut la suppression de 50 000 postes supplémentaires à l’échelle mondiale d’ici la fin de la décennie, en plus des 50 000 postes déjà envisagés en Allemagne depuis 2024, principalement au sein de Volkswagen. Cela représente environ 15 % des effectifs mondiaux du groupe, qui regroupe dix marques, dont Audi, Porsche, Seat et Skoda.
Cette annonce intervient à quelques jours d’un scrutin régional en Saxe-Anhalt, où l’extrême droite pourrait obtenir la majorité, un événement sans précédent dans l’Allemagne d’après-guerre.
Volkswagen justifie ces suppressions par la pression concurrentielle croissante, les changements dans la demande et les évolutions technologiques dans le secteur automobile. Le groupe a constaté une surcapacité de production de 500 000 véhicules en Europe, rendant nécessaire une adaptation des capacités de personnel.
Les usines allemandes d’Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm pourraient être particulièrement touchées, bien que Volkswagen n’ait pas encore décidé de fermetures. Des alternatives d’utilisation pour ces sites sont à l’étude, avec l’objectif d’élaborer une nouvelle organisation industrielle d’ici mi-2027.
Le directoire a réussi à obtenir le soutien des représentants des salariés, évitant ainsi une crise sociale majeure après deux ans de négociations difficiles. Le plan inclut également une réduction de la gamme de modèles de Volkswagen de moitié d’ici 2035 et une simplification de 75 % de la complexité de son offre.
Sur le plan international, le groupe va recentrer ses activités en Amérique du Nord sur les segments les plus rentables et adapter sa stratégie en Chine à un marché en ralentissement. Volkswagen prévoit également de simplifier sa gouvernance, qui est actuellement influencée par des intérêts politiques et syndicaux.
Cette restructuration marque une étape significative pour Volkswagen, qui cherche à s’adapter à un environnement économique en mutation rapide.
Source : La Croix

