Dès que la situation se complique, Vladimir Poutine disparaît: où se cache donc le président russe?
Lorsque des tensions surgissent à Moscou, Vladimir Poutine adopte une stratégie récurrente : il disparaît temporairement de la scène publique. Le président russe se retire dans l’une de ses nombreuses résidences, annule ses engagements officiels et cesse toute déclaration. Pendant ces périodes d’absence, qui peuvent durer plusieurs jours, son cercle restreint est souvent le seul à connaître ses activités. Le Kremlin diffuse alors des images préenregistrées pour donner l’illusion d’un contrôle intact.
Depuis la fin de l’année dernière, marquée par une intensification des frappes de drones et de missiles ukrainiens sur le territoire russe, ces disparitions se sont multipliées. Selon The Atlantic, certaines de ces absences ont même duré plus d’une semaine. Poutine a été particulièrement discret face à ces attaques, malgré leurs conséquences visibles, telles que des pénuries de carburant, des infrastructures endommagées et une fragilisation du sentiment de stabilité qu’il promet à la population en échange de sa loyauté.
Sa première réaction, tardive, a eu lieu lors d’une interview télévisée soigneusement orchestrée le 29 juin. Poutine y est apparu détaché des difficultés internes du pays, tout en restant engagé dans la guerre en Ukraine. Pendant près de vingt minutes, il a évoqué des détails militaires précis, citant des localités du Donbass, comme s’il était plongé dans des cartes de terrain.
Ce décalage entre son discours et l’état d’esprit de la population russe est frappant. Un sondage récent révèle que 81% des Russes souhaitent mettre fin au conflit «dès demain», un niveau record depuis le début de la guerre en 2022. En revanche, seuls 9% se disent favorables à la poursuite des combats jusqu’à une victoire totale, quel qu’en soit le prix.
Les réseaux sociaux russes témoignent d’une lassitude croissante. Des images de longues files d’attente dans les stations-service de Moscou circulent, accompagnées de témoignages dénonçant le silence des médias officiels. Un habitant a déclaré : «Il n’y a plus d’essence en ville, et la télévision n’en parle pas.»
Malgré cela, Poutine continue d’afficher une sérénité imperturbable. Lors de son interview, il a affirmé que la situation restait «stable» et sous contrôle. Cette attitude rappelle celle qu’il avait déjà adoptée lors de l’intervention russe en Syrie en 2015, où il se montrait peu préoccupé par les enjeux économiques internes mais s’animait dès qu’il s’agissait d’opérations militaires.
Au fil du temps, son intérêt pour la guerre semble s’être renforcé. Poutine décrit les combats avec une précision presque obsessionnelle, évoquant mouvements de troupes et positions stratégiques. Cependant, certaines de ses déclarations semblent déconnectées de la réalité, laissant penser que son obsession pourrait frôler l’illusion.
Reste à savoir si cette vision le rendra plus enclin à négocier la paix, mais rien n’indique pour le moment une telle intention. Convaincu que l’u joue en faveur de la Russie, il semble déterminé à poursuivre le conflit, malgré des pertes humaines considérables et des difficultés croissantes à mobiliser de nouvelles recrues. L’avenir du pays paraît suspendu aux choix d’un dirigeant souvent éloigné du Kremlin, coupé de la réalité et prêt à prolonger la guerre, quelles qu’en soient les conséquences pour sa population.
Source : The Atlantic
