Au domaine de Montels, les viticulteurs du Tarn-et-Garonne interpellent le préfet sur leur avenir
Sébastien Cauwel, préfet de Tarn-et-Garonne, était ce lundi au domaine de Montels pour rencontrer des représentants du monde viticole. Au cours de cette rencontre, les viticulteurs ont évoqué des problématiques majeures telles que l’accès à l’eau, l’évolution des habitudes de consommation, la main-d’œuvre et la transmission des exploitations, témoignant ainsi des défis auxquels fait face la filière viticole.
À quelques mètres des rangées de vignes, plusieurs viticulteurs ont exposé les difficultés rencontrées sur le terrain. Loïc Ducasse, président des Jeunes Agriculteurs 82, était également présent lors de cet échange d’une heure et demie, marqué par des interrogations sur l’avenir de la viticulture locale.
La question de l’eau a rapidement émergé comme une préoccupation centrale. Les épisodes de chaleur de plus en plus fréquents, exacerbés par le changement climatique, rendent l’irrigation essentielle. « C’est le point majeur de notre métier », a déclaré Michèle Selle, co-présidente de la Fédération des vins de Tarn-et-Garonne. Le préfet a qualifié ce sujet de « dossier prioritaire », évoquant plusieurs solutions, telles que le curage et l’augmentation de la capacité des retenues existantes, ainsi que la collaboration avec les départements en amont disposant de réserves d’eau.
Les changements dans les habitudes de consommation, notamment chez les jeunes, suscitent également des inquiétudes parmi les viticulteurs. Philippe Romain, vigneron sur le domaine de Montels, a constaté une baisse de la demande. Mélanie Tauber, directrice adjointe de la Direction départementale des territoires (DDT), a souligné la nécessité d’éduquer les nouvelles générations sur la production viticole du Tarn-et-Garonne. Le préfet a également plaidé pour une consommation locale accrue, regrettant que des vins d’autres régions soient privilégiés.
Enfin, la transmission des exploitations a été abordée. De nombreux vignerons approchent de la retraite, mais la relève n’est pas toujours assurée. Philippe Romain a mis en avant la difficulté du financement, indiquant que les banques sont réticentes à prêter pour l’achat d’entreprises, rendant la reprise difficile pour les jeunes viticulteurs. Sébastien Cauwel a insisté sur l’importance de rendre le métier attractif pour susciter de nouvelles vocations.
À l’issue de la rencontre, les participants ont exprimé leur satisfaction quant aux échanges avec le représentant de l’État, soulignant l’importance d’ouvrir le dialogue. Reste à voir quelles réponses concrètes seront apportées face aux nombreux défis de la viticulture tarn-et-garonnaise.
Source : La Dépêche

