Vitamine C : Ce que les spécialistes disent vraiment de ses bienfaits supposés contre le rhume
À l’approche de l’hiver, de nombreuses personnes se tournent vers la vitamine C pour renforcer leurs défenses immunitaires. Bien que ce nutriment joue un rôle essentiel dans une alimentation saine et soutienne le système immunitaire, ses vertus sont souvent exagérées. Cela conduit de nombreux adeptes à consommer des quantités excessives, ce qui, bien que généralement sans danger, représente un gaspillage de temps et d’argent.
Une réputation héritée d’un prix Nobel
La popularité de la vitamine C comme super-nutriment remonte aux années 1970, grâce aux travaux de Linus Pauling, double prix Nobel de chimie. Pauling affirmait que des « mégadoses » de 3 000 mg par jour pouvaient non seulement éliminer le rhume, mais aussi combattre des maladies graves comme les maladies cardiaques et le cancer. Cependant, aucune étude rigoureuse n’a validé ces affirmations. Comme l’indique Stefan Pasiakos, directeur de l’Office of Dietary Supplements des National Institutes of Health, il n’existe pas de preuve scientifique soutenant l’efficacité de la vitamine C à haute dose pour prévenir ou traiter le rhume.
Peut-elle vraiment soigner un rhume ?
La majorité des études confirme que consommer de grandes quantités de jus d’orange ou de compléments n’a guère d’effet sur le rhume. En France, l’ANSES recommande un apport quotidien de 110 mg pour les adultes. Sauf en cas de carence avérée ou d’activité physique extrême, les doses élevées ne préviennent ni ne soulagent le rhume, selon Christopher Duggan, professeur de nutrition à la Harvard T.H. Chan School of Public Health. Toutefois, une étude de 2016 a montré que prendre entre 1 et 2 grammes par jour pourrait réduire légèrement la durée des symptômes, avec une amélioration survenant 8 % plus tôt chez l’adulte et 14 % plus tôt chez l’enfant.
Un nutriment aux multiples fonctions
Bien que la vitamine C ne soit pas un remède miracle, elle demeure essentielle. Elle stimule le système immunitaire en favorisant la production d’interférons, des protéines qui protègent les cellules des attaques virales, et renforce l’action des globules blancs contre les pathogènes. De plus, le corps utilise la vitamine C pour synthétiser le collagène, une protéine clé pour la santé des os, des muscles et des vaisseaux sanguins, ainsi que pour la peau et la cicatrisation.
Où la trouver, et peut-on en abuser ?
L’organisme humain ne peut ni produire ni stocker la vitamine C, ce qui nécessite une consommation alimentaire régulière. Une carence sévère peut entraîner le scorbut, qui se manifeste par de la fatigue, des ecchymoses et des problèmes dentaires. Heureusement, la plupart des gens obtiennent suffisamment de vitamine C par leur alimentation, notamment grâce aux agrumes, poivrons, tomates et légumes crucifères. En Europe, une alimentation normale suffit généralement à couvrir les besoins quotidiens.
La dose maximale recommandée est de 2 000 mg par jour pour les adultes. Bien que la plupart des gens tolèrent un léger dépassement, ceux ayant des problèmes rénaux doivent faire preuve de prudence. Les effets secondaires peuvent inclure des troubles gastriques et, dans certains cas, une interaction avec certains médicaments.
La conclusion de Christopher Duggan est claire : à moins d’un risque de carence, la majorité de la population couvre ses besoins en vitamine C par une alimentation équilibrée plutôt que par des compléments.
Source : Futura Sciences
