Visite du chantier de la future station d’épuration Haliotis 2 à Nice
Difficile de deviner depuis la promenade des Anglais à Nice l’ampleur du chantier de construction d’Haliotis 2. Bien que la palissade soit longue, les travaux en cours sont colossaux. L’objectif est de bâtir une station d’épuration moderne. « Nous sommes à mi-parcours », a déclaré le maire de Nice et président de la Métropole, Éric Ciotti, lors d’une visite le 9 juillet 2026. « Haliotis 2 doit être livrée pour 2030 ». Le site « aura vocation à asr le traitement de l’eau avec des contraintes plus élevées liées au changement climatique, notamment une augmentation de la température des effluents », a précisé Hervé Paul, vice-président de la Métropole en charge de l’Eau.
Le calendrier du projet a démarré en mars 2023 avec l’attribution du marché global de performance au groupement porté par Suez. La première pierre de l’usine a été posée en mai 2025. Les travaux se déroulent sur le site même, tandis qu’Haliotis 1 est toujours en service, sans aucune interruption. La station de refoulement en mer devrait entrer en service en octobre 2026, car les eaux usées traitées seront rejetées à 1,2 km au large et à 100 m de profondeur.
À terme, vingt-six communes seront raccordées à la nouvelle station. Actuellement, elles sont vingt, et à l’origine, il n’y en avait qu’une. « Dans les années 1970, Haliotis 1 a été bâtie pour traiter l’eau de Nice, rappelle Hervé Paul. Quand Haliotis 2 sera mise en service, la station d’épuration de Saint-Laurent-du-Var sera détruite. Et les six communes qu’elle desservait (Saint-Laurent, La Gaude, Saint-Jeannet, Gattières, Carros et Le Broc) y seront rattachées. » Cela représente un total de 680 000 habitants dans la Métropole.
Une zone est également dédiée à la REUT (Réutilisation des Eaux Usées Traitées). Ce système vise à traiter une partie de l’eau pour la rendre conforme à des usages tels que l’arrosage des espaces verts et le nettoyage des rues, réduisant ainsi le prélèvement d’eau dans le milieu naturel. Un dispositif pilote est en service depuis juillet 2023, permettant d’arroser la pelouse du parc Phœnix et de remplir des camions pour l’arrosage des végétaux en pots dans la ville.
À terme, Haliotis 2 devrait produire plus d’énergie qu’elle n’en consommera. Actuellement, 17 GWh par an sont nécessaires pour faire fonctionner le site. La future station d’épuration nécessitera 29 GWh par an, mais produira 96 GWh grâce à la biométhanisation des boues, qui dégradées par des bactéries, dégageront du biogaz.
Le site de la station est situé sur une zone creusée, stabilisée par des pieux de 50 m et dotée de parois moulées pour garantir sa solidité et son étanchéité. Un enrochement spécial a été mis en place pour protéger l’équipement des risques de submersion. Le bâtiment actuel de la station d’épuration sera démoli lorsque la nouvelle sera mise en service.
Source : Nice-Matin