Visas délivrés aux Algériens : « une humiliation, une trahison ». le Quai d’Orsay tente d’éteindre l’incendie
L’annonce d’un éventuel retour à 250 000 visas annuels pour les ressortissants algériens suscite une intense controverse, notamment au sein de la droite et de l’extrême droite françaises. Bruno Retailleau, président des Républicains, appelle à suspendre la délivrance de ces titres tant que le journaliste Christophe Gleizes demeure emprisonné en Algérie.
La polémique a été alimentée par un entretien diffusé mercredi par le média Tout sur l’Algérie, dans lequel l’ambassadeur Stéphane Romatet, récemment revenu à Alger, a déclaré que le nombre de visas délivrés avait chuté par rapport aux 250 000 accordés annuellement avant la crise. Il a exprimé son souhait de voir ce chiffre augmenter à nouveau, soulignant l’importance de maintenir les liens humains entre les deux pays malgré les tensions diplomatiques.
La réaction de l’opposition a été immédiate. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a dénoncé sur X une « capitulation du macronisme face au régime algérien », en référence à la détention de Christophe Gleizes. Éric Ciotti a qualifié cette situation de « capitulation, humiliation, trahison ». Bruno Retailleau a exigé que la délivrance des visas soit conditionnée à la libération de Gleizes et à la reprise par Alger des ressortissants algériens que la France souhaite expulser.
Face à cette levée de boucliers, le Quai d’Orsay a tenté de calmer le jeu en affirmant qu’aucun objectif chiffré n’avait été fixé concernant la délivrance des visas, précisant que ce sujet ne faisait pas partie des discussions sur la relance des relations bilatérales.
Cette déclaration intervient alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu est en visite au Maroc, marquant un rapprochement entre Paris et Rabat, suite à la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, une décision qui avait précédemment provoqué une crise avec l’Algérie.
Les relations franco-algériennes ont continué de se détériorer, illustrées par l’arrestation en novembre 2024 de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, et les tensions liées à l’enlèvement en France de l’influenceur Amir DZ, qui avaient entraîné des expulsions réciproques de diplomates.
Source : La Dépêche