Violences sexuelles sur les mineurs : « La première criminalité est la folie », selon le procureur de Grasse
Dans le cadre de l’affaire Lyhanna, le procureur de la République de Grasse, Éric Camous, a été invité ce vendredi sur ICI Azur pour discuter des violences sexuelles sur les mineurs, à la suite de l’arrestation d’un homme de 63 ans soupçonné d’agression sexuelle sur une fillette sur la plage de Juan-les-Pins.
Le meurtre de la jeune Lyhanna, dont le meurtrier présumé avait déjà fait l’objet de plusieurs plaintes pour viols sur mineurs, continue d’affecter le pays. Dans les Alpes-Maritimes, l’affaire de Juan-les-Pins est venue renforcer l’urgence de traiter ces violences.
Éric Camous a souligné que la lenteur de la justice est souvent évoquée. Il a expliqué : « Pour nous, c’est un véritable drame. Le principal sujet qui revient, c’est le sujet des lenteurs de la Justice. Mais il faut bien se rendre compte de ce qu’est une enquête dans laquelle des personnes vont être mises en cause pour des faits extrêmement graves. Tout ça prend du temps. »
Actuellement, la juridiction de Grasse gère plus de 340 procédures pour viol et agressions sexuelles. Éric Camous a précisé qu’il a demandé à ce que toutes les plaintes déposées soient remontées immédiatement pour obtenir des données fiables. Cependant, seulement trois magistrats spécialisés sont en charge de ces affaires, ce qui complique considérablement la situation.
Le procureur a également mis en lumière un aspect préoccupant lié à l’affaire de Juan-les-Pins : l’homme arrêté n’est pas en détention provisoire en raison de troubles psychiatriques avérés. « La première de nos criminalités c’est la folie. Nous sommes confrontés depuis des années à des personnes présentant des troubles psychiatriques au moment de leur passage à l’acte », a-t-il déclaré.
Face à ces enjeux, Éric Camous a fait de la coopération entre la justice et les services hospitaliers une de ses priorités.
Source : ICI Azur.
