Violences sexuelles sur mineurs : des défaillances révélées
Après l’affaire Lyhanna, plusieurs rapports remis au ministre de la Justice mettent en lumière des défaillances dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs. Des milliers de procédures auraient échappé au suivi de la justice, en raison de problèmes de transmission et de moyens insuffisants.
Le visage de Lyhanna a profondément marqué l’opinion publique et a provoqué une remise en question de la justice française. Le ministre de la Justice a sollicité des réponses de la part des magistrats. Dans un entretien accordé au Monde, il a déclaré : « Les 37 rapports qui m’ont été adressés dépassent largement l’exercice de décompte : ils dressent l’état des moyens d’enquête et d’efforts judiciaires consacrés à ce contentieux. »
Un courrier adressé au ministre de l’Intérieur, révélé par le quotidien, résume les défaillances dans la prise en charge des violences sexuelles sur mineurs. Ce document met en avant l’existence d’un « stock fantôme » de dossiers non répertoriés par la justice, faute de transmission. À Nîmes, plus de 1 200 procédures sont concernées, tandis qu’une quinzaine de dossiers ont été perdus à Bourges.
Les causes identifiées incluent un manque d’effectifs, des agents parfois peu investis, et un déficit de formation. À Bordeaux, un réserviste a été signalé en train de procéder à des auditions d’enfants de moins de 10 ans par téléphone, ce qui soulève de graves questions sur la méthodologie employée. Ces manquements sont attribués, selon plusieurs policiers, à la réforme mise en œuvre en 2024 par Gérald Darmanin.



