Violences sexuelles et sexistes : des avancées, mais une formation des forces de l’ordre à améliorer
Malgré des progrès notables depuis le mouvement #MeToo en 2017, de nombreuses victimes d’agressions sexuelles continuent de dénoncer un accueil inadapté lors du dépôt de plainte auprès des forces de l’ordre. Selon l’enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité 2024 » réalisée par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), seules 7 % des femmes victimes de viols, tentatives de viol et agressions sexuelles portent plainte. Une étude du Défenseur des droits, publiée en mars 2025, souligne les « défaillances persistantes » dans l’accueil des victimes, mettant en avant des « stéréotypes sexistes ».
Une banalisation des faits
Le Haut conseil à l’égalité entre les Femmes et les Hommes indique, dans un rapport de septembre 2025, que les plaintes sont souvent minimisées et que les enquêtes manquent de rigueur. L’enquête « PrendsMaPlainte » de l’association NousToutes révèle que 66 % des 3 496 répondantes ont vécu une mauvaise prise en charge par les forces de l’ordre. De plus, 67,8 % des victimes font état d’une banalisation des faits, tandis que 56,5 % évoquent un refus ou un découragement à porter plainte.
180 000 policiers et gendarmes formés
Pour améliorer la situation, le Grenelle des violences conjugales de 2019 a permis de former plus de 180 000 policiers et gendarmes entre 2020 et 2025 à la prise en charge des victimes de violences intrafamiliales. Cette formation inclut plusieurs heures consacrées aux violences intrafamiliales et aux viols.
Actions de formation spécifiques
Lors d’une audition à l’Assemblée nationale le 19 mai dernier, Yannick Ferrin de la gendarmerie nationale a précisé que 8 heures sont consacrées aux violences sexuelles et sexistes (VSS) dans la formation initiale des gendarmes. En outre, plus de 200 militaires sont formés chaque année sur ces thématiques.
Méconnaissance des mécanismes de la violence
Le « plan rouge vif » contre les violences intrafamiliales, remis en 2023, souligne la méconnaissance des principes de la violence conjugale et préconise de rendre la formation obligatoire pour tous les professionnels. Actuellement, de nombreux policiers en activité ne bénéficient pas de formation continue, faute de temps.
Des avancées
De plus en plus de commissariats mettent en place des dispositifs d’accueil plus respectueux, comme des tableaux de confidentialité. La Direction générale de la police nationale a également créé un livret d’accompagnement pour les victimes.
Nombreuses disparités
Malgré ces efforts, des disparités persistent à l’échelle nationale. Fabienne Boulard, Majore de police, souligne qu’il reste un long chemin à parcourir, notamment pour former les anciens policiers.
Un volume de formation qui a triplé
La formation des officiers et commissaires consacrée aux VSS a triplé en huit ans, atteignant un total de 20 heures. Cependant, la formation continue reste insuffisante, avec seulement 150 agents formés en présentiel en moyenne en 2024 et 2025.
Manque de volonté politique
La sénatrice Dominique Vérien pointe un manque de volonté politique, notant que les VSS et les violences intrafamiliales ne figurent pas dans la feuille de route du ministre de l’Intérieur.
Une loi intégrale
Une forte mobilisation citoyenne a conduit à la préparation d’une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, soutenue par le Conseil économique, social et environnemental, qui appelle à davantage de moyens.
Source : Public Sénat



