Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : un animateur relaxé, les parents dénoncent une décision

Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : un animateur relaxé, les parents dénoncent une décision « incompréhensible »

Le tribunal correctionnel de Paris a rendu, le 7 juillet, une décision très attendue dans l’affaire des agressions sexuelles présumées au sein de l’école maternelle Alphonse-Baudin, située dans le 11ᵉ arrondissement. L’animateur périscolaire, âgé de 36 ans, accusé par les familles de neuf enfants âgés de 3 à 5 ans, a été relaxé. Les juges ont jugé que les éléments matériels étaient insuffisants pour prononcer une condamnation.

Dans sa décision, le tribunal a évoqué un « doute très sérieux », précisant que la relaxe était prononcée « faute d’éléments matériels suffisamment constitués ». Les magistrats se sont appuyés sur les auditions des enfants et les expertises psychologiques. Des divergences ont été notées entre les propos des parents et les déclarations des enquêteurs. Les juges ont également estimé que les premières révélations des enfants avaient pu être influencées par des questions posées par leur entourage. Aucun adulte travaillant dans l’établissement n’a rapporté avoir été témoin de gestes à caractère sexuel.

Si l’animateur a été relaxé des faits d’agressions sexuelles sur mineurs, il a été reconnu coupable de harcèlement sexuel envers deux collègues. Il a été condamné à huit mois de prison avec sursis et inscrit au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV), ce qui lui interdit d’exercer à nouveau une activité professionnelle en contact avec des mineurs. Suspendu par la Ville de Paris depuis avril 2025 après un premier signalement, il avait toujours contesté les accusations d’agressions sexuelles, admettant seulement certaines « maladresses ».

À l’annonce du jugement, plusieurs parents présents à l’audience ont exprimé leur incompréhension. La mère d’un garçon de 3 ans a déclaré : « nos enfants ont réussi à parler (.) et n’ont pas été entendus par des adultes. » Une autre mère a ressenti un sentiment de culpabilité d’avoir porté plainte après avoir entendu les motivations du tribunal. L’avocate de six familles, Me Rébecca Royer, a dénoncé un « immense sentiment d’injustice », soulignant que neuf enfants avaient dénoncé des faits et présentaient des signes de psychotraumatisme selon les expertises. Elle a mis en garde contre le signal inquiétant que cette décision envoie quant à la prise en compte de la parole des jeunes enfants.

Cette affaire est l’une des premières à avoir été jugée depuis la multiplication des signalements visant des animateurs périscolaires à Paris. Elle survient quelques semaines après une autre relaxe dans un dossier similaire, pour laquelle le parquet a décidé de faire appel. L’affaire de l’école Alphonse-Baudin pourrait également connaître de nouveaux développements si le ministère public choisit de contester la décision rendue par le tribunal.

Source : Parents.fr

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