Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : des familles dénoncent la « lâcheté » de la justice
Une centaine de parents se sont réunis jeudi matin devant l’école maternelle Alphonse-Baudin, deux jours après la décision du tribunal. David G. était accusé d’agressions sexuelles sur neuf enfants. Le parquet entend faire appel pour trois d’entre eux.
Cette relaxe, la deuxième en trois semaines pour une affaire de violences sexuelles dans le périscolaire parisien, suscite une vive émotion. Le rassemblement s’est tenu en présence de conseillers de la Ville, dont les élus écologistes David Belliard et Laëtitia Vipard. « Nous refusons que la parole des tout-petits soit minimisée », a déclaré une mère d’un garçonnet de 3 ans et demi, désignant son fils comme le premier « lanceur d’alerte » de l’affaire en septembre 2024.
David G., animateur périscolaire, a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel « au bénéfice d’un doute très sérieux » concernant les accusations d’agressions sexuelles sur neuf enfants. « Des parents ont dû rentrer chez eux et regarder leurs enfants dans les yeux, des enfants à qui on avait dit : ‘Parle, on te protégera' », a déploré Barka Zerouali, cofondatrice du collectif #MeTooEcole. Elle critique l’interprétation du tribunal sur les auditions des enfants, soulignant que les témoignages jugés « flous » sont rejetés, tandis que ceux jugés « trop clairs » sont également contestés.
Le président du tribunal a laissé entendre que les témoignages des enfants pouvaient avoir été « influencés » par leurs parents, évoquant des « phrases toutes faites ». David G. a cependant été condamné à huit mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel sur deux collègues.
Des familles de l’école Titon, dans le même arrondissement, où un animateur a également été relaxé mi-juin, ont manifesté leur soutien. « Nous sommes confrontés à la même incapacité des lois à protéger les enfants. Ces décisions traduisent une lâcheté », a déclaré Pénélope, une mère d’élève.
Hannah Kopp, avocate représentant six familles de l’école Alphonse-Baudin, a noté qu’aucun des acteurs du procès n’avait demandé la relaxe. Lors de l’audience du 26 mai, le ministère public avait requis trois ans de prison contre l’accusé. Le parquet a annoncé son intention de faire appel de la décision de relaxe pour les mineurs concernés.
Dimitri*, père d’une élève de l’école, a qualifié le procès de « honteux », affirmant que le tribunal n’avait pas pris en compte la parole des enfants. Eléonore, représentante d’un collectif de parents du 11e arrondissement, a rapporté un « sentiment de peur » parmi les familles, qui craignent d’autres relaxes dans des affaires similaires. Depuis début 2026, le parquet a ouvert des enquêtes dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d’établissements élémentaires et une dizaine de crèches à Paris.
Vendredi, le tribunal doit rendre sa décision dans une autre affaire, celle de l’école Aqueduc, où un animateur est accusé d’atteinte sexuelle sur une enfant.
*Le prénom a été modifié.
Source : Franceinfo.