Violences sexistes et sexuelles : les associations jugent les moyens annoncés par le gouvernement insuffisants
À l’approche de l’examen à l’Assemblée nationale de la proposition de loi contre les violences sexistes et sexuelles, les associations féministes et de protection de l’enfance expriment leur mécontentement face aux moyens annoncés par le gouvernement. Bien qu’un premier engagement ait été obtenu, stipulant que les fonds consacrés à cette politique ne devraient pas diminuer en 2027, les organisations réclament une « loi intégrale, un vote intégral et un budget intégral ».
1,5 milliard d’euros contre les violences sexistes et sexuelles : que prévoit réellement le gouvernement ?
Dans une tribune publiée le 15 septembre dans Le Monde, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une « trajectoire pluriannuelle » avec un « socle de départ » de près de 1,5 milliard d’euros alloué à la lutte contre ces violences, réparti entre les budgets de l’État et de la Sécurité sociale. À cela s’ajoutent 2,6 milliards d’euros destinés à la protection de l’enfance. Cependant, Les associations se demandent donc avec quels moyens supplémentaires les nouvelles mes pourront être mises en œuvre.
Violences sexistes et sexuelles : les associations réclament au moins 3 milliards d’euros par an
Les associations jugent que le budget proposé est largement insuffisant. Elles estiment qu’au moins 3 milliards d’euros par an sont nécessaires pour lutter efficacement contre les violences sexistes et sexuelles. Suzy Rojtman, du Collectif national pour les droits des femmes, souligne que « c’est une estimation basse ». Cette évaluation est également soutenue par la Fondation des femmes, qui précise que ce montant ne couvre que les besoins des femmes qui portent plainte, sans inclure les mineurs ni les victimes qui ne se rendent pas dans les commissariats. Il est à noter que la proposition de loi prévoit elle-même d’allouer cette somme chaque année à la lutte contre ces violences.
« Sacrifier certaines mes et certains publics »
Les associations craignent que, faute de moyens suffisants, une loi ambitieuse ne puisse pas être pleinement appliquée. Marceau Beauvois, de Face à l’Inceste, met en garde contre le risque d’une « enveloppe de départ divisée par deux », ce qui pourrait compromettre le caractère « intégral » de la loi. L’association appelle les parlementaires à « réalimenter l’enveloppe » lors de l’examen du texte. Le projet de loi, qui contient 69 articles, vise à couvrir l’ensemble du parcours des victimes, incluant la prévention, l’accompagnement, la justice et le suivi des victimes et des auteurs.
Le texte prévoit également la création de juridictions spécialisées dans les violences sexuelles et intrafamiliales, l’instauration d’un socle minimal d’actes d’enquête, ainsi que la création d’un crime autonome d’inceste, accompagné de peines spécifiques renforcées.
Source : Le Monde

